mardi 20 décembre 2011

PALAIS DES EXPOSITIONS DE KOUDIA (TLEMCEN)
• Samedi 17 décembre : de 14h à 18h, la maison d'édition Colorset organise une rencontre avec le public de l'auteur Abderrahmane Khelifa, historien et archéologue, qui dédicacera son livre Tlemcen, capitale du Maghreb central.

Quotidien National D'information: Escale-Les samedis littéraires de l’établissement Arts et Culture : Abderrahmane Khelifa autour de la conservation du patrimoine

Escale-Les samedis littéraires de l’établissement Arts et Culture :
Abderrahmane Khelifa autour de la conservation du patrimoine
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S. S. on 09 May 2011 10:00:00
 
Les projets de restauration du riche patrimoine en Algérie, leurs réalités et
perspectives ont été au centre d’une conférence animée par l’historien
Abderrahmane Khelifa, autour de la protection du patrimoine.Cette rencontre
littéraire, première du genre initiée par l’établissement Arts et Culture,
a rassemblé des universitaires et des spécialistes de l’histoire en
Algérie. Elle vise, selon ce conférencier, à dresser un état des lieux des
chantiers de restauration des monuments et des vestiges historiques lancés en
Algérie, ainsi que des chantiers projetés pour l’avenir. Les travaux seront
axés sur l’exploitation touristique du patrimoine restauré, ainsi que sur
les textes de loi réglementant les opérations de restauration.  Selon
Abderrahmane Khelifa, il est important de sensibiliser les citoyens pour une
conservation, assurée par tous, du patrimoine culturel, historique et
archéologique dans l’ensemble des wilayas du pays. Une telle rencontre doit
aussi être celui de la sensibilisation, a-t-il ajouté, soulignant que le
public «s’implique d’autant mieux dans l’effort de conservation du
patrimoine lorsqu’il comprend que celui-ci participe de la construction de sa
propre identité et de celle des générations montantes». Les opérations de
restauration des sites historiques devraient s’inscrire dans une «politique
durable, non de circonstance», a-t-il ajouté.
Ce même conférencier a mis l’accent, dans son intervention, sur le voyage à
travers le temps qu’offre la conservation des vestiges de différentes
époques. «Les principales civilisations ont laissé des traces en Algérie, ce
qui constitue une chance que les contemporains ne doivent pas négliger»,
a-t-il estimé. Il a également souligné que l’Algérie est un Eldorado en
termes de richesses archéologiques. Les débats ont porté au cours de cette
rencontre, sur les problèmes techniques posés par la restauration des maisons
traditionnelles et les moyens d’assurer leur entretien.
M. Khelifa a appelé, par ailleurs à encourager, en particulier les visites des
écoliers aux musées pour les mettre en contact direct avec les différents
objets archéologiques reflétant l’ensemble des chapitres de l’histoire de
l’Algérie depuis les temps les plus reculés.

colloque CRASC


Atelier 4 : Patrimoine culturel 1 : patrimoine matériel et archéologique


Modératrice :              Fanny COLONNA
Rapporteur :                Fatima TAHRAOUI
Discutant :                    Tewfik GUERROUDJ

Fouad SOUFI :                      « Un patrimoine national : les archives »
Abderrahmane KHELIFA : « Bilan de la recherche archéologique musulmane en Algérie »
Fatima-Zohra MATAOUI : « Autour du site de Tihert »
Sabah FERDI :                      « Musées d’Algérie, perception ambiguë d’un passé pluraliste»
Nacéra BENSEDDIK :         « L’archéologie antique en Algérie, hier et aujourd’hui »
Ali GUERBABI :                   « Questions sur la protohistoire en Algérie »

Les sept sites capitaux du patrimoine algérien

L’Unesco met à l’honneur les vestiges artistiques témoins de l’histoire du pays

Le Journal des Arts - n° 163 - 24 janvier 2003
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Souhaitant donner au public français "un aperçu aussi large que possible, et dans toutes ses dimensions historiques" du patrimoine algérien, l’Organisation des Nations unies pour la science, la culture et l’éducation (Unesco) accueillera prochainement expositions, concerts et colloques en son siège, à Paris. Parmi ces manifestations, une exposition photographique et multimédia fait la part belle aux sept sites algériens classés patrimoine mondial de l’humanité. Des peintures rupestres du Tassili n’Ajjer à la Casbah d’Alger, en passant par les sites antiques de Djemila, Timgad et Tipasa, les vestiges médiévaux de la Kalâa des Béni-Hammad ou les villes fortifiées de la vallée du Mzab, l’Unesco met en lumière la richesse du patrimoine artistique algérien ainsi que sa nécessaire préservation.
C’est en 1972 que l’Unesco a adopté une convention relative à la protection du patrimoine mondial, tant culturel que naturel. Ratifiée par l’Algérie au début des années 1980, cette convention concerne à ce jour quelque 730 sites et a été signée par 173 États. Elle vise, par l’intermédiaire du Comité du patrimoine mondial, à identifier et à protéger tout site ayant “une valeur universelle et exceptionnelle”, et dont la disparition constituerait une perte irréparable pour l’humanité. Chargé d’établir, de mettre à jour et de diffuser la liste de ces sites, ce comité peut également fournir une coopération technique, voire une aide financière aux États qui le désirent. Ces derniers peuvent en effet demander non seulement des prêts financiers à long terme, mais aussi des missions d’experts, des aides à la formation ainsi que la fourniture d’équipements. Toutefois, le Comité ne peut ni contraindre un État à protéger son patrimoine, ni intervenir sans son accord. Avec sept sites, l’Algérie est, après la Tunisie (neuf sites), le pays d’Afrique en présentant le plus grand nombre à être classés par l’Unesco. Le premier à l’avoir été (en 1980) est la Kalâa des Béni-Hammad (ou Qal’a des Beni-Hammad). Fondée en 1007 à 1 000 mètres d’altitude, dans une zone montagneuse située sur le flanc sud du djebel Maâdid, cette ville musulmane fortifiée fut la première capitale des émirs hammadites (dynastie berbère qui régna sur l’Est algérien jusqu’en 1152). Abandonnée en 1090 au profit des rivages plus hospitaliers de Bejaïa (Bougie), la Kalâa conserve de son antique splendeur une enceinte fortifiée ainsi qu’un nombre important de vestiges monumentaux. Parmi ceux-ci figurent le minaret et la mosquée qui, avec sa salle de prière à treize nefs, est la plus grande d’Algérie après celle de Mansourah. Des restes palatiaux témoignent également du raffinement de la civilisation hammadite, à l’image du palais des émirs, complexe regroupant trois résidences séparées par des jardins, des pavillons et des citernes.

Le Tassili n’Ajjer, temple de l’art rupestre
Autre site montagneux exceptionnel, le Tassili n’Ajjer fait partie du patrimoine universel depuis 1982. Découvert par l’explorateur et ethnologue français Henri Lhote en 1933, ce haut plateau au sud-est du Sahara algérien abrite l’un des plus importants ensembles d’art rupestre au monde : plus de 15 000 peintures et gravures ont été répertoriées jusque-là, un nombre qui, selon les spécialistes, ne comptabiliserait que la moitié des compositions existantes. Ces représentations humaines et animales (girafes, antilopes, lions, bovidés et équidés) retracent les changements climatiques, les transformations de la faune et de la flore, de même que l’évolution de la vie humaine aux confins du Sahara, de 6000 av. J.-C. aux premiers siècles de l’ère chrétienne. Précisons que cette région, aujourd’hui aride et désertique, était plus hospitalière à l’époque néolithique. “L’abondance du gibier, les possibilités offertes à l’élevage et à la vie pastorale à proximité immédiate de sites défensifs inexpugnables constituaient autant de facteurs positifs de peuplement”, notent dans leur rapport de 1982 les experts de l’Icomos (International Council on Monuments and Sites, chargé d’assister le Comité du patrimoine mondial). Une conclusion à laquelle était arrivée Henri Lhote dès les années 1930 : “Nous n’avons pas découvert l’Atlantide, mais nous avons appris quelque chose de bien plus important. [...] Il y a très longtemps, le désert était recouvert de gigantesques prairies et peuplé de nombreuses civilisations qui n’ont rien d’une légende.”

Djemila, Timgad et Tipasa, les trois sœurs romaines
Situés à l’exact opposé du Tassili, trois sites attestent de l’empreinte profonde laissée par la conquête romaine dans le nord de l’Algérie : Djemila, Timgad et Tipasa. Le premier, qui conserve “l’un des plus beaux ensembles de ruines romaines”, selon l’Icomos, était l’antique ville de Cuicul. Occupant un éperon rocheux permettant le contrôle des routes de Constantine, de Sétif ou encore de Lambèse, cette modeste colonie de vétérans romains devint, à la fin du IIe siècle, une importante cité d’environ 10 000 habitants. Inscrite sur la liste du patrimoine mondial en 1982, de même que Timgad et Tipasa, Djemila (“la belle” en arabe) est un très bel exemple d’adaptation de l’urbanisme romain en milieu montagneux. Par ailleurs, ses vestiges sont variés et remarquablement bien conservés, tels l’arc de triomphe érigé en 216 en hommage à Caracalla, le temple dédié à la gens Septimia (la famille de Septime Sévère), le Cardo Maximus ou le théâtre, dont on peut encore admirer la scène ornée de niches et de colonnes. Implantée elle aussi dans un site naturel défensif, Timgad fut fondée en l’an 100 par l’empereur Trajan. Cette “perle archéologique de l’Afrique du Nord”, comme la surnommèrent les Français, se distingue par la rigueur de son plan (une grille octogonale commandée par le decumanus et le cardo), la qualité architecturale de ses constructions et la somptuosité de ses mosaïques, comparables par leur raffinement à celles mises au jour à Tipasa. Ancien comptoir punique créé sur la côte méditerranéenne à 70 kilomètres à l’ouest d’Alger, Tipasa conserve un ensemble unique d’édifices phéniciens, romains (forum, curie, capitole, temples, amphithéâtre...), paléochrétiens – en particulier la basilique, qui est le plus grand monument chrétien élevé en Algérie – et byzantins. Un patrimoine archéologique d’une grande richesse, dont la préservation est aujourd’hui menacée par la conjugaison de plusieurs facteurs : “absence d’un instrument de gestion efficace, manque d’entretien, actes de vandalisme et surtout urbanisation accrue et incontrôlée à l’intérieur du périmètre du site”. Ce constat, effectué par le Comité du patrimoine mondial, a conduit l’Unesco à inscrire en 2002 Tipasa sur la liste du patrimoine universel en péril. Comptant désormais trente-trois sites, cette liste permet généralement “la mise en place de mesures nationales plus efficaces et d’une aide financière internationale accrue”.

La sauvegarde de la vallée du M’zab
Autre site en danger, la vallée du M’zab, une oasis située au cœur du Sahara. “Qui ne s’étonnerait pas, en grimpant au sommet de ces roches, de découvrir une cuvette contenant cinq villes habitées, entourées de jardins luxuriants dont la verdure fait de l’ombre au lit pierreux de l’oued M’zab ?”, écrivait médusé l’un des premiers colons français à découvrir le site, le commandant Coÿne. Cette union de cinq cités – la pentapole – remonte au début du XIe siècle, époque à laquelle les Ibadites s’installent dans cette partie du Sahara. Chassés de leurs terres d’origine par les Fatimides, ces musulmans fondamentalistes transforment la région stérile et rocailleuse du M’zab en une vallée verdoyante jalonnée de villes harmonieuses : El-Atteuf, Bou-Noura, Ghardaïa, Beni-Isguen et Melika, créées entre 1011 et 1347. Construites à flanc de colline sur un même schéma, ces ksour (cités fortifiées) s’élèvent toutes en cercles concentriques autour de la mosquée. Conçue comme une forteresse, cette dernière, avec son entrepôt de poudre, joue à la fois le rôle de bastion militaire et de centre religieux. Autour de ce bâtiment clef de la vie communautaire se succèdent les habitations. Construites sur un modèle identique – un parallélépipède de hauteur invariable – , les maisons témoignent non seulement d’une organisation sociale égalitaire (du moins pour les hommes), basée sur la structure familiale, mais aussi d’une architecture traditionnelle originale, qui inspira notamment Le Corbusier et Pouillon (lire p. 15). Comme le soulignent les membres du Comité du patrimoine mondial dans leur proposition d’inscription du site, “les Ibadites ont créé au M’zab, avec les matériaux locaux, une architecture sans architecte qui, par une parfaite adaptation au milieu et par la simplicité et la pureté des formes, garde une valeur d’exemple et d’enseignement pour l’architecture d’aujourd’hui”. Hors les murs de chaque ksour se déploient les palmeraies, vastes plantations assurant l’alimentation des habitants et garantissant une certaine fraîcheur à la saison chaude. Si le M’zab a conservé pratiquement le même mode d’habitat et les mêmes techniques de construction jusqu’aux années 1950, la découverte de gisements de pétrole et de gaz dans la région a provoqué un accroissement urbain incontrôlé. Menacées de surpeuplement, les ksour se sont progressivement étendues en direction des palmeraies, modifiant ainsi l’ancien paysage et mettant en péril une zone d’importance cruciale pour la ville. Cependant, depuis 1971, soit onze ans avant le classement du site par l’Unesco, un organisme, l’Atelier d’étude et de restauration de la vallée du M’zab, réalise un important travail de préservation et de sensibilisation sur le terrain. Placé sous la tutelle du ministère de la Culture algérien, l’Atelier tente de concilier les impératifs de conservation de l’habitat traditionnel avec les exigences du développement économique et urbain. Il préserve le cachet des ksours grâce au contrôle obligatoire des permis de construire dans la vallée, mais œuvre dans le même temps pour que toutes ces villes soient alimentées en eau et en électricité. Parmi ses autres activités, signalons des interventions de restauration, la constitution d’un fonds documentaire sur la région ainsi que diverses actions de sensibilisation en direction des habitants. “Les initiatives de ce type sont exceptionnelles en Algérie. Seuls deux Ateliers ont à ce jour été créés : celui du M’zab et celui [dernièrement dissout] de la Casbah d’Alger”, précise Sid-Ahmed Baghli, conseiller culturel de la délégation de l’Algérie auprès de l’Unesco.

La Casbah d’Alger en péril
Dernier site algérien à avoir été classé (1992), la Casbah constitue la vieille ville d’Alger. Désignant à l’origine la citadelle qui, à l’ouest, dominait la métropole, le terme a fini par recouvrir la cité elle-même. Sa construction remonte au début du XVIe siècle, lorsque le corsaire turc Khaïr al-Din choisit Alger pour capitale (1516) et soumet une grande partie de l’actuel littoral algérien aux Ottomans. Transformée en ville fortifiée turque, grâce notamment à la construction d’imposants remparts, la Casbah s’élève sur un site naturel accidenté (118 mètres de dénivellation), une situation topographique singulière qui explique ses ruelles pentues et tortueuses. Autre spécificité de la Casbah, son architecture composite mêlant influences turques et traditions arabo-méditerranéennes, ainsi que la richesse décorative de certaines de ses demeures. Souvent ordonnées autour d’un atrium central, les habitations les plus luxueuses recèlent en effet des décors luxuriants, témoins de la prospérité économique de la ville jusqu’au XVIIe siècle. Victime de graves destructions au cours de la colonisation mais aussi après l’indépendance, le patrimoine architectural de la Casbah a commencé à susciter l’intérêt dès les années 1920, mais ce n’est qu’au début des années 1970 que les premières études pour sa sauvegarde ont vu le jour. Depuis 1985, un “plan de réaménagement de la Casbah est en cours pour, à la fois, installer un confort moderne sans bouleverser l’architecture traditionnelle, et retrouver les fonctions initiales de la Casbah : quartier résidentiel, commercial et culturel”, selon l’Icomos (rapport de novembre 1991). Qu’en est-il aujourd’hui ? D’après un document confidentiel de l’Unesco, la Casbah est en “état de dégradation progressive”. La vieille ville, qui comptait plus de 15 000 maisons en 1830, n’en conserve actuellement pas plus de 800, et le palais du Dey (XVIe siècle), l’un des plus prestigieux monuments de l’époque ottomane, se trouve dans un état de délabrement avancé. “Constructions et surpeuplement (200 000 habitants au kilomètre carré) sont les principales causes de dégradation de la Casbah, dont nous allons à nouveau demander l’inscription sur la liste du patrimoine en péril”, souligne Abderrahmane Khelifa, chef du département du Patrimoine pour l’Année de l’Algérie et commissaire de l’exposition consacrée aux sites algériens, qui ouvrira le 3 février à l’Unesco. “J’espère, précise-t-il, que cette manifestation contribuera à montrer la beauté et l’importance des sites algériens, à mettre en lumière la variété des civilisations qui se sont succédé dans notre pays et, au-delà, à susciter l’intérêt du public pour la préservation du patrimoine et la recherche archéologique en Algérie.”

Bensard Eva

SITES PHARES DU PATRIMOINE MONDIAL EN ALGÉRIE, rampe salle X et couloir X-XI ; LA CASBAH D’ALGER, UN PATRIMOINE ET UN MODE DE VIE EN PÉRIL, salle des Actes, du 3 au 25 février, Unesco, 7 place Fontenoy, 75007 Paris, tél. 01 45 68 13 91, tlj sauf samedi et dimanche, 9h-18h.

Projection du film-documentaire 
[29 Août 2007]  avis



Le film-documentaire \"Syphax\" du réalisateur Mokrane Ait Saada retraçant le parcours historique du roi de la Numidie occidentale, dont la capitale fut Siga, a été projeté mardi soir à la salle Ibn-Zeydoun (R...
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D'une durée de 38 minutes, le film-documentaire évoque, à travers des témoignages d'historiens à l'instar d'Abderrahmane Khelifa et Said Dahmani, les moments ayant marqué l'époque où le roi Syphax a régné, entre les années 213 à 202 Avant Jésus-Christ, à la tête du royaume de la Massaessylie.
Le réalisateur Ait Saada a expliqué à la presse que cette production, qui s'inscrit dans le cadre de la manifestation "Alger, capitale de la culture arabe 2007", "est un travail qui fait partie d'une série de documentaires sur le parcours des rois berbères".
"Le roi Syphax est très mal connu, les historiens qu'ils soient algériens ou étrangers, n'ont pas beaucoup écrit sur lui" a-t-il fait savoir, affirmant que ce documentaire, réalisé à partir d'éléments d'informations assez réduits, "retrace les évènements les plus marquant du règne de Syphax", notamment, la deuxième guerre punique.
M. Ait Saada a, par ailleurs, indiqué que d'autres projets du genre seront réalisés prochainement et qui s'intéresseront à la vie, entre autres, de Juba II et de la Kahina. 
Un documentaire historique ou une randonnée touristique?*)

Par Allal Bekkaï
 
Le film documentaire du réalisateur Ahmed Attatfa, intitulé pompeusement «Les secrets des portes de Tlemcen», projeté en avant-première mercredi dernier au CIP, n'a hélas «dévoilé» ni leur nombre (exact), ni leur fonction (spécifique), encore moins leur emplacement (précis).

D'emblée, le scénariste Mohamed Ghanem indiquera que le film repose sur trois vecteurs : le soleil (science), le guide (mémoire collective) et la jeunesse (générations futures). «La hantise d'un scénariste est d'être devant un sujet grandiose, une feuille blanche...», dira-t-il.

A travers le film, le Pr Abdelaziz Belaredj, chargé de la révision historique du scénario (47 pages), par ailleurs spécialiste de l'architecture islamique (université d'Alger), qui soulignera en préambule que «chaque chose commence par la science et se termine par la science», servira de guide touristique à un groupe de lycéens dans le cadre d'une sortie pédagogique. Une excursion en bus de transport scolaire sera organisée pour les besoins de la «cause». A bord, les jeunes excursionnistes entonnaient un chant patriotique : «Alaïki salem ya ard adjdadi». Destination : Lalla Setti, le Méchouar, la vieille médina (Bab Zir, Bab Sidi Boumediène,Sidi Haloui, Bab el-Hdid, Bab el-Qarmadine, Sidi Boudjemâa, les grottes de Beni Add, Rachgoun...

On se demandait si le propos du documentaire cherchait à dévoiler «Les secrets des portes de Tlemcen» ou bien à faire découvrir les sites et monuments historiques... Lors du débat, il a été signalé des confusions tant toponymiques que topographiques, telles Bab Agadir/Bab el-Aqba ; Bab El-Quarmadine/Bab Sid el-Bradeï ; Bab Ali/Derb Beni Djemla ; Oued Issers/Oued Metchkana ; Bab el-Khemis (en référence à 5 formations de l'armée zianide ou la direction vers Beni Snous ?)...

Le documentaire péchait également par l'absence d'images de synthèse (plan des portes), d'autant que le staff (duo) déplorera le manque d'archives à ce sujet. Une problématique qui fera réagir un spécialiste du patrimoine (ingénieur consultant) présent dans la salle, en l'occurrence M. Mohammed Baghli, qui interpellera le Pr Abdelaziz Belaredj : «Avez-vous consulté la carte établie par le génie militaire français en 1836, qui se trouvait dans le bureau de l'archéologue Abderrahmane Khelifa, directeur des antiquités, et qui indiquait le nom et l'emplacement des 30 portes de Tlemcen ?». En voici la liste : Bab derb Kara Slimane, Bab derb Essena'a, Bab derb el-Hadjam, Bab Qasr el-Beylik, Bab derb Djama' Bellahcène, Bab derb el-Hadj Ammi, Bab Ilaâne, Bab derb Reguig, Ba sidi el-Amri, Bab derb Kara Mohammed, Bab Riat Benfarès, Bab derb Riat Benfarès, Bab el-Hdid, Bab Touita, Bab el-Djiad, Bab derb Sidi Ayad, Bab derb Semmar, Bab derb Sidi Boumediène, Bab Zir, Bab hadj Ali ben Fellah, Bab derb Sidi Lahcène, Bab Ard el-Bor, Bab Bendi Mourad, Bab el-Moqaddem, Bab derb el-Hanout, Bab derb Ras el-Bhar, Bab derb Bouhmida Hocine, Bab derb Lalla Senna, Bab Lalla Ayam, Bab sidi el-Bradei...

A noter que les seuls vestiges qui existent à Tlemcen sont ceux de Bab el-Hdid (sud), Bab el-Khemis (ouest) et Bab el-Qarmadine (nord)...

Il convient de signaler que le réalisateur était absent (pour raisons de santé) lors de cette projection, à laquelle ont assisté MM. Kaddour Hocine, coordinateur national adjoint, Ahmed Benkamla du département cinéma, Yasmine Ghanem, la productrice exécutive du film, et Abdelmadjid Djebbour, cinéaste, ainsi que des jeunes stagiaires bénéficiaires du programme d'initiation à l'audiovisuel spécial lycées, qui ont reçu leur diplôme de participation en marge de cette avant-première.
 
(*) In Le Q.O du 24/07/11 en page Oranie

17.06.2010

Honaïne, ancien port du royaume de Tlemcen

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"Honaïne, ancien port du royaume de Tlemcen"
De Abderahmane Khelifa

Par Sabrina Denine

Honaïne, ancien port du royaume de Tlemcen Honaïne, ses habitants vous diront de prononcer “H'naïne”, escale phénicienne et cité numide, abritait le plus important port de la région qui était aussi celui de Tlemcen au XIIIe siècle est mise à l'honneur dans cet ouvrage magnifique signé Abderahmane Khelifa, archéologue et historien, publié aux éditions Dalimen. L'ouvrage rappelle que ce petit port de pêche à l'ouest du pays fut la voie méditerranéenne pour le commerce avec Tafilalet et l'ancien Soudan. Aujourd'hui, des remparts, des tours, un petit musée témoignent de la ville kharedjite.
Le livre, véritable ouvrage d'art, accentue l'aspect historique du thème. Style gothique sur papier façon parchemin, lettrine ornementale, accompagnent de splendides photos et des cartes anciennes. L'auteur revient avec force détails géographique, faunistiques et historiques sur la sublime région des Traras qui abrite cette petite ville au passé prestigieux. Avant son appellation de Honaine, elle se nomma Artisiga et Gypasaria.

Un passé prestigieux

L'auteur nous y apprend que Honaïne est présente dans divers écrits anciens tels que ceux des historiens El Bekri et El Idrissi. L'Emir Abdelkader y a livré "la fameuse bataille" de Sidi Brahim. Situé au centre de la partie littorale du Massif des Traras, c'est un carrefour entre le Maghreb central et le Maghreb extrême avant de devenir aussi un point de passage privilégié sur l'axe nord sud, soit entre la péninsule ibérique et la profondeur continentale de l'Afrique. Ce site médiéval abrite des monuments historiques tels que la casbah, plus connue sous le nom de "Dar Essoltane", mais aussi les remparts, Bordj El Bahri, et une tour de guet. Autant de vestiges, aujourd'hui à l'abandon, qui rappellent que cette cité a sombré dans l'oubli après avoir connu la prospérité et la notoriété. Elle a été occupée par les Espagnols, en 1531, et détruite en 1535.

Dans son avant-propos, Abderahmane Khelifa relate les circonstances qui l'ont amené il y a près de quarante ans sur le site. " Lorsqu'en 1970, j'avais été chargé par le service des antiquités algériennes de faire une mission à Honaïne, je ne me doutais pas que j'allais consacrer une bonne partie de mon temps à l'étude de ce site dont il restait quelques vestiges en place ". L'historien reconstitue en quatre étapes l'histoire de Honaïne. La première s'étend de l'Antiquité jusqu'à l'avènement de l'Islam au Maghreb. La deuxième revient sur le règne des Almohades dont le fondateur, Abd El Moumen Ibn Ali est natif de Honaïne. La ville connaît un développement urbain et assoit sa domination politique. Puis vint l'âge d'or de Honaïne, troisième étape. A partir de 1248, la dynastie zianide s'émancipe des almohades en déclin, le port se développe considérablement et devient une plaque tournante du triangle Maghreb-Afrique-Méditerranée. C'est son apogée. La dernière étape revient sur la prise de Grenade en 1492. La découverte du Nouveau Monde ouvre de nouveaux flux maritimes et commerciaux tandis que le monde musulman noue avec la décadence. En même temps, le trafic de l'or périclite et Alger, sous la houlette ottomane, capte l'essentiel des échanges. Honaïne connaîtra alors l'amorce de son déclin. Le livre pose avec acuité le problème de la conservation d'un patrimoine méconnu du grand publique et permet de sortir de l'ombre une région à la beauté aussi fabuleuse que sauvage. Situé à une quarantaine de kilomètres de Beni Saf, la petite ville de Honeine fut du 13ème au 16ème siècle le port de Tlemcen. Les remparts et les ruines apparentes, bien qu'elles soient totalement délaissées, témoignent de ce passé glorieux. Dans le petit port, les barques des pêcheurs, rouges, vertes, bleues se découpent sur les montagnes des Traras. Un monde à part, fait de merveilles de la nature et où le temps semble s'être arrêté. Car Honeine est un village hors du temps. Ni son caractère historique, ni ses plages sont loin, pour le moment d'être mis en valeur. La ville qui se réveille en été, est encore baignée de léthargie durant tout le reste de l'année. Ancien élève de l'ENS, docteur en histoire et archéologie, Adberrahmane Khelifa a fait de nombreuses fouilles dans les sites médiévaux de la région de Tlemcen.



« Honaïne, ancien port du royaume de Tlemcen » De Abderahmane Khelifa
Dalimen Editions 2008- 399 pages