Le corpus de 161 pages balise un essai, par les dates, et déroule le passage des différentes civilisations, à travers plusieurs millénaires, depuis la préhistoire, jusqu’à la restauration de l’Etat algérien, en passant par les civilisations (phénicienne, cathaginoise, romaine, vandale, byzantine, musulmane, espagnole, ottomane, française). «La Préhistoire, parlons-en ? dira d’emblée l’auteur qui bat en brèche certains écrits d’historiens qui font remonter l’histoire de notre pays à seulement quelques milliers d’années. «C’est une longue période qui s’étale sur près de 3 millions d’années à environ 2000 ans avant ‘‘l’ère commune’’, qui correspond à l’ère chrétienne, et ce, ‘‘pour donner un caractère plus neutre’’», tient-il à souligner. «Le Sahara était alors plus verdoyant et l’eau était abondante.» En témoigne, poursuit-il, les gravures rupestres d’animaux aquatiques, comme le poisson ou le crocodile. Selon Abderrahmane Khelifa, au fil des ans, des progrès ont vu le jour grâce à la recherche préhistorique, et «les datations ont permis de remettre en cause les légendes construites durant l’Antiquité et le Moyen-Age, selon lesquelles l’occupation de l’Afrique du Nord s’est faite par des populations venues de l’Est».

«Nous avons 100 000 figures sur le Tassili»

L’auteur, qui a à son actif nombre d’ouvrages sur les villes phares, comme l’histoire de Beni Mezghenna, Cirta, Tlemcen, Béjaïa, la Qal’aa des Beni Hamad ou le livre sur les mosquées d’Algérie, regrette que «beaucoup d’écrits concernant l’histoire des monuments de l’Algérie soient l’œuvre d’historiens ou de rapporteurs militaires français, des textes consignés, d’ailleurs, dans la fameuse série de ‘‘Revue africaine’’». Et d’insister : «Il faut écrire notre histoire et ne pas se contenter de reprendre les thèses colonialistes (…). Il n’appartient pas aux autres d’écrire notre histoire.» «Nous avons plus de 60 000 inscriptions latines et 100 000 figures sur le Tassili, un patrimoine à ciel ouvert immense et riche en haltes historiques», dira-t-il en filigrane. 
En clair, à travers les dates, les noms et les faits, l’auteur met à la disposition du lecteur, de l’étudiant et du chercheur, une véritable banque de données sur l’histoire de notre pays, afin de mieux les comprendre et les placer dans le temps long et dans l’espace. «Car on apprend l’histoire, pas pour des histoires, mais pour comprendre ce qu’on doit faire», tient à préciser le conférencier qui s’apprête, confie-t-il, à sortir un ouvrage sur Imedghassen (Medracen), le plus ancien mausolée royal numide d’Afrique du Nord, situé dans la wilaya de Batna. Ce monument funéraire monumental date du IVe siècle av. J.-C.
 

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