mardi 20 septembre 2011


D.R
La population algéroise la surnommait dans un vocable précieux et protecteur  «El-Mahroussa» ou la «bien-gardée» se rappelant au bon souvenir d’une capitale dont la lumière irradiait autrefois  la ville érigée derrière ses remparts autour d’une casbah toute en ruelles étroites d’où jaillissait le tumulte d’une vie ardente combien de fois détruite puis reconstruite, ville réputée imprenable par ses habitants  qui circulent entre ses fameuses portent qui se jettent en contrebas sur la miroitante baie.
Que d’historiens étrangers l’ont visitée au cours des siècles et en sont revenus subjugués par la beauté  du site  au paysage architectural si pittoresque qui se prête naturellement au  rêve.
Abderrahmane Khelifa l’aura en tous cas fait sien : réaliser un ouvrage  qui nous emmène  dans un voyage au bout des images et des mots à travers toute l’histoire d’une ville , son architecture, ses populations hétéroclites, ses langues ,ses édifices et ses monuments.
L’ouvrage qui semble avoir nécessité une recherche titanesque vu la quantité fabuleuse des informations tous domaines confondus qu’il contient, est sans aucun doute une œuvre de longue haleine compte tenu des innombrables références à des historiens, des ouvrages spécialisés  , des géographes et surtout «Les revues africaines». Une chose est certaine : Notre auteur qui est un ancien élève de l’école normale supérieure et docteur en histoire et en archéologie (Il a effectué de nombreuses fouilles dans les sites médiévaux d’Algérie), écrit des articles scientifiques et collaboré à des documentaires, est un vrai passionné d’histoire sur tout ce qui se rapporte de près et de loin à l’Algérie. Tout porte à croire qu’il  a mis du cœur à  l’ouvrage en réalisant ce projet et fait montre pour un lecteur averti d’un savoir encyclopédique vu l’étendue de ses recherches.
Entre l’ouvrage d’art et le livre d’histoire, on pourrait le classer ainsi l’ouvrage car «ALGER, Patrimoine et histoire» n’est pas à proprement parler ce que l’on pourrait appeler un guide touristique de vulgarisation scientifique mais un travail qui nous montre tout l’intérêt de l’histoire s’agissant de la naissance et de la construction de la ville d’Alger ainsi que les paramètres archéologiques , les différentes photographies qui illustrent le texte , tout cela dénote du souci d’un auteur de présenter au lecteur toutes ses connaissances en la matière.
Avec la plume d’un chercheur  qui quête sans cesse le point de vue objectif de son long récit ,  Aberrahmane Khelifa  brasse dans son livre tout ce qu’il a comme informations dignes de fournir une reconstitution  de l’histoire de la capitale .A commencer par  l’origine de son appellation : «La ville d’Alger a connu à travers les âges différentes appellations qui rappellent la présence des îlots dans son port : Eikosim, Icosium, Djazaïr Bani Mazghanna, Djazaïr el –Gharb.» Ce sont les commerçants européens qui n’arrivaient pas à prononcer son nom arabe qui l’auraient  traduit en Algésiras, Alguer et Alger .Sur la géographie du site l’auteur note l’existence d’une ville primitive qui se serait construite sur la colline à l’abri des vents, par la suite , elle se développe sur la partie concave de la baie à partir de Ras Tafoura jusqu’à la baie de l’Agha. Classé actuellement patrimoine mondial, le site était à l’origine constitué de nombreuses grottes contenant  des ossements que l’on a retrouvé tout au long du littoral. En 1860 on découvre des centaines de dolmens dans lesquels on a trouvé  la présence d’inhumations, de bijoux en bronze et vases  qui attestent d’après l’auteur d’une agglomération importante sur le territoire d’Alger.
C’est cette population autochtone qu’auraient trouvé les phéniciens lorsqu’ils fondèrent Carthage à savoir les peuples des Aguellids Massyles et Massaessyles.
A l’époque médiévale a lieu la conquête arabe par voie terrestre d’abord de Kairaouan vers Tanger, à Béghai dans le royaume des Aurès, puis à Frenda dans le royaume berbère des Djeddars, enfin à Altava( Ouled Mimoun) près de Tlemcen.
On découvre qu’Alger fut construite à la période des Zirides lorsque Ziri autorise son fils Bologhine à fonder trois villes :Miliana sur la rive orientale, Lemdia( Médéa)qui appartenait à la tribu des Sanhadjas et El-Djazaïr Bani Mazghénna  sur le bord de la mer. «Alger ville entourée de murs, se trouve au bord de la mer. Elle contient plusieurs  marchés et possède de nombreuses sources limpides qui coulent sur le rivage…Son territoire est formé de vastes plaines et montagnes peuplées d’un grand nombre de Berbères. » (p 26, citation de Hawqal, le premier écrivain à donner des informations sur la ville et que reprend notre auteur ).
Toutefois, la ville n’est pas encore la capitale, elle est sous contrôle des Hammadites, elle faisait encore partie de la province de Béjaia.
C’est au milieu du XIIè siècle qu’apparaît un mouvement religieux d’Ibn Tumert avec la naissance de l’empire Almohade que Abd-el-Mu’min conquiert le Maghreb central, l’auteur remarque d’ailleurs que cela va considérablement changer le paysage politique d’Afrique du Nord.
Au XIIIè siècle l’empire s’affaiblit et se scinde en trois parties : Les Hafsides avec Tunis comme capitale, Les Zayyanides au maghreb central avec Tlemcen comme siège du royaume et les Mérinides au maghreb extrême avec Fès comme capitale.
L’auteur énumère ainsi à travers des chapitres les différentes étapes historiques qui vont pousser, essentiellement dans la partie «Les temps modernes»  les gouvernants de l’époque  à choisir la ville d’El-Djazaïr comme capitale, une ville qui aura vécu des pans entiers de luttes intestines, des convoitises successives jusqu’à ce qu’elle devienne la ville capitale, carrefour des civilisations et des cultures avec un legs patrimonial qui fait aujourd’hui encore la richesse de ce site.

Lynda GRABA .

«ALGER, Histoire et Patrimoine» DE Abderrahmane Khelifa, 307p, aux éditions Anep, Alger 2010.
 
Alger, ville d’histoire et de civilisation 
“Une ville est comme une personne, elle naît, elle grandit, elle se développe et, quelquefois, elle meurt.” C’est avec cette affirmation qu’Abderrahmane Khelifa, historien et archéologue, a débuté la rencontre qu’il a animée, jeudi dernier en soirée, à la librairie Errachidia (Anep), à Alger-Centre. “El-Djazaïr des Beni Mezghenna”, tel a été l’intitulé de cette rencontre qui a réuni une assistance, certes peu nombreuse, amoureuse de sa ville. 
Toutefois, deux heures de temps sont-elles suffisantes pour aborder l’histoire d’une ville plusieurs fois millénaire, devenue capitale par la force de l’histoire et des évènements ? Sûrement pas. “Rien ne prédestinait Alger à devenir une capitale”, a déclaré d’emblée Abderrahmane Khelifa. Ce sont les Turcs (Barberousse), explique-t-il, qui avaient décidé de “transporter” ou délocaliser, vers 1518, la capitale de l’Ouest algérien, à savoir Tlemcen, vers Alger. 
Parce qu’ils avaient compris qu’il fallait “tirer la capitale du Maghreb central vers la côte” au moment où la Méditerranée devenait un enjeu politique pour les Ottomans (le croissant) et les Espagnols (la croix). Hormis son côté commercial, Alger était une métropole où se côtoyaient différentes nations et religions. Des images défilaient, appuyant les propos de l’orateur. Du statut de petite ville, Alger se développe, s’agrandit, devenant, au fil du temps, une grande agglomération. Parler d’Alger, c’est évoquer son cœur, à savoir La Casbah, ce lieu considéré comme une ville dans la ville, un grand témoin de l’histoire de cette capitale. 
Pour connaître Alger ou El-Djazaïr (en référence aux quatre îles ou îlots), Abderrahmane Khelifa effectuera différentes haltes, les plus marquantes de l’histoire d’Alger : l’ère phénicienne où Alger s’appelait Ikosium (l’île aux mouettes) et était un comptoir commercial. L’arrivée de la tribu des Beni Mezghenna, à l’aube de l’Islam (au VIIe siècle), s’installa dans cette ville, s’adonnant à l’agriculture. 
D’où le nom d’El-Djazaïr des Beni Mezghena. La “Reconquista” espagnole détermina le sort de cette ville et de ses habitants : un flux migratoire sans précédent des morisques d’Andalousie. Les croisades chrétiennes se font persistantes au point où la population d’Alger sollicite les frères Barberousse pour un protectorat. Ils s’installèrent dans cette ville en 1516. Et ce n’est que trois siècles après que les Turcs quittèrent cette partie de l’Afrique du Nord suite à l’invasion française en 1830. 
Les vestiges de ce pan de l’histoire d’Alger La Blanche, d’El-Bahdja, d’El-Mahroussa, sont visibles. Lors des travaux du métro d’Alger, au niveau de la place des Martyrs, un site archéologique a été découvert. Plus qu’un rappel historique des grandes dates de notre capitale, c’était beaucoup plus une “nouzha fil assima”. Un voyage dans le temps.


Abderrahmane KHELIFA:

Abderrahmane KHELIFA:
Parution - «Alger, histoire et patrimoine» d'Abderrahmane Khelifa : Un ouvrage documenté sur l'histoire
Samira Sidhoum
Horizons : 27 - 12 - 2010

Fidèle à sa démarche, qui consiste à retracer et à sauvegarder le patrimoine, à travers un itinéraire chronologique, l'auteur, dans ce beau livre, continue à creuser en profondeur. L'ouvrage d'Abderrahmane Khelifa est considéré tel un souffle qui vient de prolonger l'élan historique de cette sublime aventure. Toutes les œuvres marquantes ont une histoire assez extraordinaire pour que la légende s'en empare. Celle d'Abderrahmane Khelifa est tout simplement révélatrice. Ces références illustrent l'histoire. Le cadre a le mérite de nous changer d'époque. Ce genre d'ouvrage aime à simplifier au maximum au profit du suspense et des rebondissements des faits et des événements relatés. La preuve : l'auteur de « Honaïne » utilise une écriture très simple, d'une densité et d'une méticulosité incroyables. Ancien élève de l'école normale supérieure, titulaire d'un doctorat en histoire et archéologie, Abderrahmane Khelifa a fait de nombreuses fouilles essentiellement sur les sites médiévaux comme Tlemcen, la Qal'a des Béni Hammad, Honaïne... Il a occupé de nombreuses fonctions dans les structures du patrimoine du ministère de la Culture. Il a enseigné à l'Ecole supérieure des Beaux-Arts et à l'Ecole polytechnique d'architecture et d'urbanisme en post-graduation. Auteur de nombreux articles scientifiques et d'ouvrages collectifs. Il a également aidé, en tant que conseiller historique à la réalisation de nombreux films documentaires (Qal'a des Béni Hammad, Massinissa, Jugurtha, Syphax, Juba II, Tidis, Timgad). Il accepte volontiers de répondre à nos questions.
Vous élargissez vos recherches en votre qualité d'éminent historien infatigable dans la prospection de l'histoire de notre pays. En abordant ce nouveau sujet « Alger, histoire et patrimoine ». Quelles en sont les motivations ?
Cet ouvrage est, en fait la deuxième édition de L'histoire d'El Djazaïr Béni Mezghena, où j'ai développé certains chapitres. Cet ouvrage s'inscrit dans la continuité de l'histoire des villes que je raconte. Je rappelle que j'ai déjà écrit sur Honaïne ; un ancien port de Tlemcen. Je viens de terminer un ouvrage sur Cirta (Constantine), qui paraîtra dans une semaine. Dans cet opus, je retrace l'histoire de la ville des ponts suspendus.
Le premier livre qui parle du port de Tlemcen en est un beau livre par ses illustrations, son papier de qualité et sa belle présentation. Est-ce le cas de cette nouvelle publication ?
Cette publication est un mélange des deux. C'est-à-dire, cet ouvrage est nuancé entre le beau livre et un livre usuel. J'ai senti la nécessité de diminuer le coût vu que beaucoup de gens ne pouvaient pas l'acquérir. Cette édition est donc un peu plus profitable et économique que les précédentes parutions.
Vous êtes captivant dans vos conférences comme dans vos publications. D'où vous vient cette qualité d'orateur et de conteur ?
Merci pour ces éloges. Il est important de savoir que j'ai occupé de nombreuses fonctions dans les structures du patrimoine du ministère de la Culture.
J'ai enseigné à l'Ecole Supérieure des Beaux-Arts et à l'Ecole Polytechnique d'architecture et d'urbanisme en post-graduation.
En plus de la passion de l'histoire, je pense, en toute modestie que ces contributions et formations étaient favorables pour mon expérience professionnelle.
Vous êtes arrivé au Zénith de votre parcours scientifique. Quelles sont vos projets pour vous maintenir dans le gotha artistique ?
Avec toute sincérité, j'ignore si j'ai atteint le summum de mon parcours. J'espère que Dieu me prêtera vie pour pouvoir continuer cette belle aventure. C'est vrai que j'atteinds une vitesse de croisière où mes ouvrages connaissent une facilité particulière. Cela me réjouis. Je passe les trois quarts de mon temps à lire et à écrire pour mieux cerner une histoire d'une manière complète.
Quelles sont les lignes directrices qui vous guident ?
Indubitablement la mémoire. J'appuie, dans mon travail des faits historiques sur des monuments. J'aime combiner histoire et patrimoine.
Votre ouvrage est très bien écrit et illustré. Comment êtes-vous passé de chercheur à écrivain ?
Lorsqu'on rédige un article ou une communication on a recours habituellement à une recherche, grande ou petite soit-elle. Sauf que dans un ouvrage, on ne situe pas les références en bas de page, je transpose en fin de livre toute la bibliographie à laquelle j'ai eu accès. En clair, je m'appuie sur plusieurs faits.

lundi 19 septembre 2011

1/ Après votre premier ouvrage sur Alger, vous récidivez avec Honaine, Pourquoi cet attrait pour certaines villes? qu'ont -elles de particulier par rapport à d'autres du pays? Vous savez les villes d’Algérie contiennent beaucoup de monuments historiques et dans leur grande majorité ont été le berceau des différentes civilisations qui ont fleuri dans notre pays. Nos villes ne sont pas différentes des villes des autres pays sauf qu’il faudrait prendre soin des monuments qui les composent car ils sont la mémoire de ces villes 2/Honaïne a t-elle une particularité? pourquoi ce port au grand impact a perdu de son importance? Oui Honaïne a une particularité. Elle est le lieu de naissance d’un des plus grands hommes du Maghreb puisqu’il s’agit de Abd El Mu’min Ibn Ali fondateur de la dynastie almohade et unificateur du Maghreb depuis la Libye jusqu’aux côtes atlantiques du Maghreb extrême, en incluant l’Espagne musulmane et ce au XIIe et début du XIIIe siècles. De plus Honaïne était le terminal de la route de l’or dès la fin du XIe siècle jusqu’au début du XVIe siècle. Un grand géographe comme Léon l’Africain atteste, lors de son passage dans ce port, avoir vu des sommes d’argent importantes perçues par le secrétaire du sultan zayyanide de Tlemcen. Honaïne à une certaine époque, dépasse en importance celui d’Oran. Ibn Khaldun y prend deux fois le bateau pour se rendre en Andalousie. Le port perd de son importance lorsque d’autres routes commerciales, atlantiques, plus directes sont découvertes. De plus, le port est occupé par les Espagnols en 1531. Les marchands ne s’y rendent plus. C’est le dépérissement que nous avons constaté lors des fouilles archéologiques que nous avons effectuées durant dix ans. Actuellement on a construit un port de plaisance, qui a d’ailleurs détruit les anciennes structures médiévales de surveillance ( Tour de vigie) 3/ Votre travail qui repose sur une importante recherche bibliographie et des archives vous a t- il pris beaucoup de temps? Oui c’est le fruit d’un long travail à la fois archéologique et historique qui a fait l’objet d’une thèse de doctorat. Dans le livre, j’ai du enlevé toute la documentation archéologique qui composait ce travail à savoir les plans ( plus d’une centaine), les dessins de céramique ( plus d’un millier) pour rendre la lecture plus aisée. Bien sur les photos apportent une note attrayante pour montrer les beautés de cette région des Traras qui va de l’oued Kiss sur la frontière avec le Maroc à l’oued Tafna à l’est. 4/ dans ce registre des villes, quelle autre ville sera à l'honneur dans un autre livre ? Pourquoi? Bien sûr j’entame une collection et vous pouvez imaginer que toutes les villes qui ont un passé historique, et il y en a , pourront être étudiées. Je veux montrer que notre pays est un territoire de vieille civilisation et que son patrimoine depuis la préhistoire jusqu’au temps modernes est digne d’attention. Bien sûr mes deux ouvrages ont pu paraître grâce à l’aide du ministère de l’Energie et des Mines et de ses filiales ( Sonatrach, Sonelgaz, Naftal Naftec, Enafor, Gtp, Ensp, Entp,). J’espère qu’on continuera de m’aider pour faire paraître ces ouvrages car mon seul but est de faire connaître ce patrimoine qui est délaissé et qui risque de disparaître à jamais. Allez voir les remparts de Tlemcen, ou les Ksours du Gourara pour vous rendre compte d’une disparition quasi programmée. 5/ Ces recherches permettent- elles une meilleure compréhension de l'histoire d'une cité ou c'est pour rétablir une véracité historique? Il est clair que les recherches effectuées ont d’abord un but : c’est celui de faire connaître notre patrimoine historique, et celui-ci est très vaste. Il est clair que la vision par rapport aux historiens de la colonisation est différente. Je ne fais pas de la période musulmane une période de rupture mais une continuité. C’est pour cela qu’une ville , par exemple celle d’Alger ou de Honaïne est abordée dans un angle de permanence depuis la préhistoire jusqu’à nos jours La vérité en histoire est relative mais ce qui est sûr c’est que la connaissance d’une ville ou d’un patrimoine aide à mieux le comprendre et à mieux le défendre.
 Abderrahmane Khelifa

Cirta Constantine.doc

« Cirta Constantine , la capitale céleste » est un livre qui a la prétention de raconter l’histoire du site de Constantine depuis l’époque préhistorique (avec la grotte du mouflon et la grotte de l’ours) sur les gorges du Rhumel jusqu’à l’époque contemporaine en passant par la période numide et des royaumes berbères, l’époque romaine, vandale, byzantine musulmane, ottomane et française. Le livre étudie aussi les religions pratiquées à Cirta Constantine ( païenne, juive, chrétienne, musulmane) ainsi que les communautés. Bien sûr les personnalités qui ont marqué Constantine sont décrites La deuxième partie du livre a trait à la ville. Les restes encore visibles sont étudiés comme les restes de l’aqueduc, les objets entreposés dans le musée ( stèles numide, phéniciennes, romaines, poteries, mosaïques, statues, lampes etc). Bien sur les périodes musulmane et ottomane sont bien représentées avec les monuments comme les mosquées ou le palais du Bey De même les monuments qui sont alentour ( Mausolée du Khroub, Tiddis, Mila participent à la connaissance de la ville. Enfin les périodes coloniale et de l’indépendance montrent la transformation de la ville durant ces deux derniers siècles Le livre est illustré par près de deux cents photos en couleur qui accompagnent le lecteur dans la compréhension de l’histoire de la ville. Abderrahmane Khelifa
Alger fascine par son histoire. Rien ne prédisait un destin aussi prodigieux que celui qu’a connu la ville d’El Djezaïr Bani Mezghanna. Cette petite bourgade tour à tour appelée Ikosim, Icosium, Djazaïr Bani Mezghenna, fut servie par un site pourvu d’une large baie à l’abri des vents, et par un arrière pays exceptionnellement fertile (plaine de la Mitidja). La petite bourgade se développe doucement durant l’antiquité et elle commence à être citée par les géographes arabes et par les portulans, ces cartes marines du moyen-âge. Terminal des routes caravanières, son port exportait toutes sortes de marchandises. Cette richesse se voit encore dans les édifices encore en place comme la Grande mosquée d’Alger bâtie à l’époque de la prospérité almoravide (1096) et qui est à ce jour le plus vieil édifice daté. Terre d’accueil, elle reçoit en grand nombre, comme les autres villes du Maghreb, les morisques et les juifs d’Espagne fuyant la « reconquista » et l’inquisition espagnole de la fin du XIVe et du XVe siècle. Elle parvient à se hisser au rang de métropole au début des temps modernes grâce au génie de Kheir ed Dine Barberousse. Des aventuriers de tout bord viennent chercher fortune dans ce nouvel Eldorado méditerranéen. Elle connaitra un essor sans précédent au début des temps modernes et sa réputation de bastion (Alger la bien Gardée) contre l’impérialisme espagnol sera assise avec les échecs répétés de l’invincible armada, notamment l’expédition menée par Charles Quint lui-même en octobre 1541. Des écrits de plus en plus nombreux la font connaître davantage. Elle apparaît dans sa blancheur éclatante ouverte vers la Méditerranée comme la voile d’un bateau. Marmol de Carvajal, prisonnier des algériens à cette époque, affirmait à juste titre dans sa « Description de l’Afrique » qu’elle était la ville la plus riche de la Méditerranée. Alger recevait des hommes et femmes de divers horizons : russes, scandinaves, anglo-saxons, baltes, flamands, italiens, espagnols, grecs, corses, et même des chinois et des japonais… Beaucoup se convertissent à l’Islam et s’installent dans la ville. Braudel parle de « la prodigieuse croissance d’Alger », qu’ « elle est la jeunesse de la mer » et que son dynamisme « s’avère celui d’une ville neuve en rapide croissance ».Cela se voit dans son urbanisme : construction de mosquées, d’aqueducs, de remparts, de fontaines, de palais... Le temps et les hommes n’ont pas effacé totalement les traces de son histoire qui remonte aux temps les plus anciens et encore de nos jours, des découvertes sont faites apportant un peu plus d’éclairage sur l’histoire de la ville. La colonisation française dans ses débuts détruira une grande partie de la vieille ville, mais peu à peu le site s’impose par sa beauté et la ville prendra la forme que nous lui connaissons aujourd’hui. Ce livre, qui se veut une clé pour la compréhension de la ville dans ses différents développements est un élément supplémentaire à la connaissance de la ville depuis ses origines à nos jours. Abderrahmane Khelifa