mercredi 1 août 2012

la Nation



LORS D’UNE CONFERENCE à LA BIBLIOTHèQUE ALLILI

Abderrahmane Khelifa parle de Tlemcen et de ses monuments

Par : B. ABDELMADJID
Abderrahmane Khelifa, historien et archéologue, a donné dernièrement à la bibliothèque Allili de Tlemcen – un nouvel espace culturel implanté au centre ville – une conférence sur l’histoire de Tlemcen à travers ses monuments, et a dédicacé à cette occasion son dernier livre Tlemcen capitale du Maghreb central (éditions Dalimen). Ce beau livre fouillé et riche en informations sera d’ailleurs présenté au Salon du livre de Paris, qui s’ouvrira le 17 mars, et qui met, par ailleurs, les lettres japonaises à l’honneur. Ayant consacré plusieurs ouvrages à des villes comme Alger, Constantine, Honaïne, Tlemcen, l’historien, qui prépare actuellement un tome sur Béjaïa, a considéré que “ce sont des villes royales et contrairement à ce qu’on peut dire, ces villes ont un passé qui remonte depuis la préhistoire jusqu’à nos jours, puisque les sites ont été occupés continuellement, et c’est assez rare dans l’histoire qu’une ville comme Tlemcen et Constantine et même Alger aient été occupées à travers les âges depuis deux millions d’années à nos jours. Et c’est ce qui fait la grandeur de Tlemcen et de ces villes d’Algérie”. Il a également souligné que Tlemcen a joué un rôle très important depuis le Moyen âge, puisque c’est à ce moment-là que les grandes tribus zénètes se sont attribué un pouvoir et à partir de ce centre politique et économique, “il en a résulté une capitale avec ses monuments, ses palais, ses édifices, ses médersas qui étaient réputées dans l’ensemble du Maghreb et même en Orient”. Abderrahmane Khelifa a, en outre, indiqué que “Tlemcen a été un point de fixation surtout pour le commerce, puisque ce fut un des grands boulevards de la route de l’or qui allait jusqu’à Tombouctou, Gao en passant par l’Andalousie et même l’Italie. Son parc archéologique en témoigne, puisque nous pouvons considérer que ce dernier constitue 80% des monuments historiques d’origine islamique”. L’écrivain archéologue n’a pas manqué de critiquer la politique de restauration actuellement menée dans cette ville historique “engagée en vue d’un événement et aussi pour dépenser de l’argent, comme à Mansourah où les émaux qui ornaient le minaret ont été remplacés par des carreaux de cuisine et l’emplacement des piliers ne respectait pas l’alignement originel”. De même qu’au Méchouar, “le chantier s’est arrêté à peine entrepris, alors que les fouilles archéologiques auraient pu fournir des informations essentielles sur la dynastie des Zianides”.

B. A

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Culture : LA REVUE RÉFLEXIONS ET PERSPECTIVES EST NÉE
Un premier numéro consacré au cinquantenaire

Réflexion et perspectives, la nouvelle publication périodique de l’université Alger II, est disponible en librairie. Il s’agit d’une revue semestrielle à vocation scientifique et académique.
Le premier numéro, dont la parution coïncide avec le début des festivités marquant le cinquantième anniversaire de l’indépendance, est d’ailleurs spécialement consacré à cet événement historique. Il s’intitule «Cinquantenaire de l’Algérie indépendante. Itinéraires et visages en devenir». Au vu de la qualité et de la diversité des contributions rassemblées dans cette première édition de 504 pages, on peut déjà souligner que le lecteur a entre les mains un véritable ouvrage de référence. Une réflexion approfondie et pluridisciplinaire sur l’Algérie d’hier et d’aujourd’hui telle que vue, écoutée, auscultée ou même disséquée par 22 enseignants-chercheurs de l’université Alger II et d’ailleurs. Au moyen de l’analyse, de la critique, du questionnement et de la mise en perspective (l’Algérie, demain), toutes et tous ont travaillé chacun avec les outils de sa spécialité et selon le thème traité. Pour offrir un voyage au fond de la mémoire et de territoires complexes. Afifa Bererhi, directrice de rédaction, rappelle fort justement dans son introduction : «50 ans, c’est l’âge d’une maturité qui autorise un bilan dans la perspective de se projeter dans l’avenir (...). C’est précisément dans cette perspective que s’inscrivent en majorité les présentes contributions. Aussi, il n’y a pas à s’étonner de la tonalité critique qui s’en dégage (...). Toutes dressent un état des lieux révélateur des capacités de régénérescence et de dépassement des inaptitudes à répondre aux besoins et aspirations d’une société promise au changement.» Aussi, le travail critique occupe ici, et fort logiquement, une place singulière. La perspective critique est elle-même revendiquée, à juste titre, comme une des pierres angulaires du développement et de l’essor futur. Par exemple, le sociologue Nadji Safir ne se limite pas à diagnostiquer «les cinq principales dimensions constitutives de la crise complexe vécue par le pays», il donne encore plus d’éclairage à sa contribution en faisant des projections tout en soulignant les enjeux en cours et à venir. Quant à Slimane Medhar, il livre une analyse pertinente sur les causes du sous-développement en Algérie : le système social traditionnel serait en grande partie responsable de cet échec et du délabrement progressif de la vie sociale. Le chapitre intitulé «La ville, baromètre de la crise» est complété et enrichi par les contributions de Saïd Belguidoum, Melyssa Haffaf et Madani Safar Zitoun. D’autres chapitres sont également consacrés à l’enseignement et à la formation professionnelle, à la culture, la sociolinguistique, la littérature, le cinéma... Des contributions qui, toutes, relèvent des sciences humaines et sociales et qui, mises ensemble, dressent un état des lieux réellement exhaustif. Parmi ces regards croisés sur l’Algérie, on retiendra d’autres noms qui font autorité : Mustapha Cherif, Fanny Colonna, Abderrahmane Khelifa, Dalila Morsly, Mohamed Ghamallah ou encore Christiane Chaulet Achour et Leïla Rezzoug. On retiendra surtout que, globalement, tous ces intellectuels font remarquer qu’une dynamique est enclenchée malgré les difficultés, les crises... La société algérienne est en train de se moderniser, elle est en quête de modernité. Pour Mustapha Cherif notamment, l’Algérie «peut être un phare du renouveau, capable de relever les défis de notre temps à commencer par celui de la société du savoir».
Hocine T.
Réflexions et perspectives, revue scientifique et académique de l’université d’Alger II, juin 2012, 504 page, 500 DA.



Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2012/07/31/article.php?sid=137328&cid=16

samedi 21 juillet 2012


Abderrahmane Khelifa, historien, archéologue et écrivain

“La colonisation : une grande entreprise de déstructuration”

Par : Hafida Ameyar
Le 5 Juillet 1962 fut l’aboutissement de la lutte du peuple algérien pour le rétablissement de sa souveraineté. Le peuple était en liesse dans sa très grande majorité : l’espoir était grand de reconstruire un pays avec le maximum de justice sociale et de dignité. En effet, cette date marque la fin de 132 ans d’occupation coloniale faites de brimades et de dépersonnalisation. Elle fut choisie par les dirigeants algériens pour faire pendant au 5 Juillet 1830, date de la capitulation du Dey d’Alger et de l’entrée des Français dans Alger par Bab Djedid.
Si l’on situe l’évènement dans le temps historique, on peut dire que c’est un long processus qui, depuis 1830, se développe par toute une série de résistances qui se succèdent, les unes après les autres, à un rythme effréné qu’on ne peut citer, tellement elles furent nombreuses. Toutefois, on peut signaler la lutte de l’Émir Abdelkader (1832- 1847), la résistance de Constantine (1837), la résistance du Constantinois (1837-1848), de l’Aurès et du Sud (1848), la résistance des Zâatchas dans les Zibans, à 35 km au sud-ouest de Biskra (1848), la résistance de la Kabylie (1851-1857), la révolte de Mokrani et de cheikh Haddad (1871), la révolte de Bou Amama (1883), la révolte de Bab El-Assa (1907) à l’ouest, à la frontière algéro-marocaine et celle de Miliana -Margueritte (1916)-, avec tout ce que cela comporte comme enfumades, exils, déportations vers la Nouvelle Calédonie et Cayenne. Lors de cette conquête, les morts pendant les différentes résistances (1830-1890) qui se sont succédé, sont évaluées par les historiens entre un quart et un tiers de la population. En 1830, la population était évaluée à 3 millions. En 1845, elle n’était plus que de deux millions. Les famines de 1867-68, 1877-78, 1893, ajoutées aux épidémies de typhus et de choléra, vont l’affaiblir davantage. Les officiers de l’époque eurent des attitudes très contestables, à l’image des Lamoricière, Montagnac, Saint Arnaud, dont les lettres décrivent avec cynisme l’horreur des villages brûlés, des femmes violées, des enfants mutilés…

Les colons ont accaparé le tiers des terres
Ce ne fut qu’à la fin du XIXe-début du XXe  siècle que la population algérienne commença de nouveau à progresser. La dépossession des terres pour punir les tribus révoltées, l’accaparement des terres par des moyens juridiques (Senatus consulte de 1863 et loi Warnier de 1873) ont permis aux colons de s’approprier près de 3 millions d’hectares parmi les terres les plus fertiles sur les 9 millions d’hectares cultivés. La seule révolte de Mokrani mit sous séquestre plus de 500 000 hectares au profit des colons. Cela entraîna la paupérisation de la paysannerie et le déplacement de populations loin de leurs terres. En fait, la société algérienne eut affaire à une grande entreprise de déstructuration et de dépersonnalisation après 1830. L’Algérien qualifié d’"indigène", étant considéré comme un sous-homme à qui l’on apportait la civilisation. On oublie assez légèrement ce long et pénible combat qui a mené un jour de juillet à la liberté et à la dignité. Les  résistances de 1830 à 1916 et au-delà, sans oublier les massacres de Sétif, Guelma,  Kherrata, Amoucha… sont dans la continuité de tous les mouvements de protection de la personnalité et du pays depuis l'époque de Jugurtha à nos jours, en passant par le Moyen-âge et la période ottomane. À partir du XXe siècle, le peuple algérien a essayé le combat politique par la création de partis politiques comme l’Étoile nord-africaine (1924-1936), le Parti du peuple algérien (PPA), l’Association des Ouléma (1931-1956), l’Union démocratique du Manifeste algérien (UDMA, 1946-1956), le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD, octobre 1947). Ces tentatives furent vouées à l’échec par le parti des colons (*) qui voulait garder ses privilèges. Les hommes de Novembre (FLN-ALN, 1954-1962) furent les continuateurs de ce long processus de résistance armée et politique qui aboutit à la libération du pays.

Un contexte favorable à la décolonisation
Les années soixante étaient favorables à la décolonisation. Cette dernière avait fait son chemin avec le vent de liberté qui soufflait  sur les pays du tiers monde : la révolution égyptienne (1952), la victoire des Vietnamiens à Diên Biên Phu (mai 1954), la conférence de Bandoeng (avril 1955). L’ensemble du continent africain en ressentit les effets. Le monde arabe, dans sa totalité, soutenait le combat libérateur ; le bloc soviétique et les pays de l’est apportaient leur aide. L’opinion publique des pays occidentaux s’émut de ce combat libérateur et de la torture pratiquée. Aussi, la question algérienne fut constamment posée à l’ONU, à partir de 1955, grâce à une diplomatie active. L’Algérie disposait d’un capital sympathie très important dans sa lutte pour exister, et la grande majorité des pays saluèrent la venue de notre pays dans le concert des nations. L’indépendance de l’Algérie et celle de la plupart des pays colonisés étaient l’aboutissement de toutes ces luttes, que Fanon avait bien décrit dans ses ouvrages. Elle eut un retentissement international et, à ce moment, l’Algérie était considérée à juste titre comme la Mecque des pays opprimés, grâce à son aide pour les pays encore colonisés.                                     .

“Sab’â snin barakat !”
La pauvreté du peuple algérien, exténué par huit ans de guerre, le départ des pieds noirs et des personnels techniques (enseignants, ingénieurs, médecins…), le sabotage des usines et du matériel, l’incendie volontaire de la Bibliothèque universitaire, laissait un pays exsangue.
Malgré cela, la population algérienne exprima sa joie dans tout le pays, car chaque famille avait payé le tribut de l’indépendance et récoltait les fruits d’un avenir radieux qui lui permettait de recouvrer sa personnalité et sa dignité. L’espoir était immense malgré les manifestations populaires demandant l’arrêt des affrontements fratricides entre armée des frontières et djounoud de l’intérieur : “Sab’â snin barakat !” (sept ans, ça suffit). En effet, la lutte pour le pouvoir faisait rage entre les différents clans. Les différents congrès n’avaient pas réussi à trouver un consensus, quant à la politique à suivre par le nouvel État.
Cinquante ans après, nous avons une idée des enjeux de l’époque pour la prise du pouvoir, et les livres qui paraissent maintenant çà et là lèvent timidement le voile sur des vérités dures à accepter.

Que sont devenus les idéaux de Novembre ?
Nous sommes loin de l’espoir suscité par l’indépendance. Bien sûr, le taux d’alphabétisation a augmenté sensiblement. Bien sûr que le niveau de vie de l’Algérien a augmenté, bien sûr qu’il a accès aux soins… Mais, avons-nous concrétisé les idéaux de Novembre ? Avons-nous construit l’Algérie telle que l’imaginait Larbi Ben M’hidi ou Abane Ramdane ou même les fondateurs de l’Étoile nord-africaine, qui rêvaient déjà d’une Afrique du Nord unie? Les richesses du pays sont-elles réparties de façon équitable ?
Dans les années 70, on pensait être au même niveau de vie que l’Espagne… Pourquoi l’Algérien fuit-il aujourd’hui son pays et change-t-il de nationalité, alors que celle-ci a été chèrement acquise ? Pourquoi réussit-il ailleurs et pas chez lui ? Est-ce à dire que le combat des fils de Novembre aura été vain ?  Si je prends le seul angle de l’histoire, on peut se demander si le peuple algérien est en droit de connaître son histoire, toute son histoire, cinquante ans après son indépendance. Pourquoi occulte-t-on l'écriture et la connaissance de toutes les séquences de l'histoire nationale, depuis les origines les plus reculées, pour justement cimenter une personnalité riche et variée ? Pourquoi nos archives ne sont-elles pas ouvertes aux chercheurs algériens ? Pourquoi le nombre de colloques sur le "Cinquantenaire" sont beaucoup plus nombreux de l’autre côté de la Méditerranée ?
Il y a priorité à reconstruire le pays dans toutes ses dimensions : politique,  économique, mais surtout identitaire et culturelle. Il faut espérer que les générations futures seront à même de construire une Algérie capable de retenir ses enfants et marchant résolument vers le progrès, pour être à la hauteur de la génération de Novembre.

H. A.


(*) Le parti des colons n'existait pas en tant que tel, mais il était appelé ainsi, car la puissance des colons influait sur les politiques faites à Paris

mercredi 11 juillet 2012


Avec un plan de sauvegarde dans les tiroirs
La Casbah d’Alger se meurt
L’accès à l’ancienne médina d’Alger, à partir de Bab Azzoun ou de la mosquée Ketchaoua, permet à tout visiteur, averti ou profane, de voir une cité millénaire dégradée et quasiment figée dans une position d’éternelle attente, avec l’espoir tout de même de pouvoir renaître un jour de ses cendres.
La Casbah d’Alger, cité antique classée patrimoine mondial, demeure dans un état vétuste stationnaire surtout dans sa partie basse menaçant ruine, en attendant les premiers effets du plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur, adopté par le gouvernement en février 2012.
L’accès à l’ancienne médina d’Alger, à partir de Bab Azzoun ou de la mosquée Ketchaoua permet à tout visiteur, averti ou profane, de voir une cité millénaire dégradée et quasiment figée  dans une position d’éternelle attente, avec l’espoir tout de même de pouvoir renaître un jour de ses cendres.
Les ruelles étroites et les maisons encore debout offrent, dès l’abord, un spectacle rebutant et font effet de repoussoir puissant : tas de gravats partout, herbes sauvages, façades béantes, ornements irrémédiablement défraîchis, égouts éclatés par endroits, amas de détritus en tous genres...
Pour navrant qu’il soit, ce paysage ne réussit cependant pas à faire oublier les trésors que renferme encore, au double plan matériel et symbolique, ce haut lieu d’histoire et de mémoire du vieil Alger, appelé «El Mahroussa» (La Bien gardée) sans vraiment mériter ce nom au regard de son état actuel.
La partie basse de ce site antique – qui recouvre plus de 600 maisons et abrite encore 50 000 habitants sur une superficie de plus de 100 hectares – est déjà considéré comme un lieu à haut risque d’effondrement.
Ce qui semble être une simple impression est confirmé par l’historien Abderrahmane Khelifa.
Selon lui, La Casbah d’Alger, avec tout ce qu’elle renferme comme maisons et monuments, est quasiment «menacée de disparition» si les travaux de restauration n’interviennent pas sans plus tarder.
Les textes de loi et décrets adoptés pour sauver La Casbah d’Alger «n’ont pas l’effet d’une baguette magique» tant que «la volonté de sauvetage de cette cité millénaire est absente», estime ce spécialiste en histoire et en archéologie, auteur de plusieurs livres sur des villes algériennes.
Le site n’est pas totalement désert, même si des maisons en ruine ont dû être abandonnées par leurs propriétaires.
Le lieu est encore récupérable et peut devenir un site à la fois résidentiel et touristique si le plan permanent de sauvegarde est mis en œuvre dans les plus brefs délais, s’accordent à dire des habitants interrogés par l’APS.
Ils mettent ainsi tout leur espoir dans le plan de sauvegarde de La Casbah d’Alger, site historique classé patrimoine national en 1991 puis patrimoine mondial de l’Unesco en 1992.
Pour eux, l’adoption dudit plan aura force de loi pour empêcher toute opération de restauration individuelle qui pourrait altérer l’aspect architectural authentique de La Casbah.
 Mais où est donc l’Agence nationale des secteurs sauvegardés ?
La mission d’exécuter le plan, décliné en trois étapes, revient à l’Agence nationale des secteurs sauvegardés, créée par décret en janvier 2011 et dont le directeur général n’est pas encore désigné.
La ministre de la Culture, Khalida Toumi, avait fait savoir en mars dernier que les procédures de nomination du directeur de cet établissement public chargé de l’application du plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur de La Casbah d’Alger et des autres secteurs sauvegardés en préparation, étaient en cours.
Cette Agence est nécessaire pour la mise en œuvre du plan grâce à une approche en partenariat entre le mouvement associatif et les pouvoirs publics, avait-elle relevé en assurant qu’une équipe composée d’architectes, d’archéologues et de juristes est installée à la citadelle d’Alger pour l’application du plan de sauvegarde de La Casbah, en attendant la nomination du directeur de l’Agence. Des représentants d’associations qui œuvrent pour la sauvegarde de La Casbah, dont la Fondation Casbah, présidée par Belkacem Babaci, et l’association des propriétaires d’immeubles de La Casbah d’Alger dirigée par Ahmed Ouada, attendent «avec impatience» le lancement des travaux de restauration car, estiment-ils, «toutes les conditions sont réunies» pour ce faire.
«Ce n’est pas en annonçant l’adoption d’un décret qu’on fera en sorte que les murs ne tombent plus, il faut passer à l’action et savoir pendre les bonnes décisions et y impliquer les compétences», peste, de son côté, l’historien Khelifa en relevant la persistance d’un «grand précipice» entre l’intention et l’action.
A ce propos, il cite l’exemple de l’effondrement en mars dernier d’un pan d’une vingtaine de mètres de la muraille de la citadelle d’Alger, siège de plusieurs monuments historiques dont le Palais du Dey, pour exprimer son inquiétude des possibles conséquences de cet effondrement sur le reste du site, d’autant plus que, dit-il, «rien n’y a été fait depuis plus de vingt ans». Il déplore aussi la fermeture de ce lieu historique, témoin du célèbre et historique «coup d’éventail» de 1827, au large public depuis plusieurs années pour «travaux de restauration».
Insistant, il affirme que «rien n’a été fait de concret pour sauver ce site qui menace ruine» à part des échafaudages comme c’est le cas pour l’ensemble du bâti et autres vestiges de La Casbah.
Une lueur d’espoir tout de même : en avançant vers la partie haute de la vieille ville, la vie reprend ses droits à entendre les doux bruissements des écoliers, les tintements des marteaux d’artisans à pied d’œuvre pour réparer ce qui peut l’être, ou encore les arômes de café ou de galettes chaudes qui se dégagent de certaines maisons encore occupées malgré les risques.
Il reste qu’en sillonnant les ruelles de La Casbah de bas en haut, rien n’indique que des travaux de restauration sont entamés en vertu dudit plan, mis à part les étaiements de bois placés pour consolider les murs des bâtisses fragilisées, juste pour parer à l’urgence, un état d’urgence qui dure.
Par Afifa Gh.

mardi 10 juillet 2012


Football / CAN 2013 : La Libye au menu des Verts    -     Transport-Festivités du 5 juillet : les horaires de circulation du métro et du tramway d'Alger prolongés jusqu’à 1h30 du matin pour les journées du 4, 5 et 6 juillet    -     Football-CAN-2013 (éliminatoires-3e tour-tirage au sort) : l'Algérie dans le pot A     -     Banques-entreprises-dette : près de 7 milliards de DA de crédits rééchelonnés au 31 mai     -     Parlement-APN : clôture de la session de printemps     -     Conseil de la Nation : clôture de la session de printemps     -     Athlétisme-18es championnats d’Afrique : le Kenya champion d’Afrique par équipes, l'Algérie en 6e position avec 6- Algérie avec 2 médailles en or, 4 en argent et 17 en bronze    -     Algérie-Mali: le ministre des Affaires étrangères, M. Mourad Medelci s'entretient avec le ministre malien des Affaires étrangères, M. Sadio Lamine Sow    -     Football-Ligue des champions arabes : l'USM Alger et le CR Belouizdad invités de l'UAFA     -     Météo : des températures élevées atteignant ou dépassant localement 40°C affecteront les wilayas de Jijel, Skikda et Annaba    -     Algérie-République Soudan : le Premier ministre, Ahmed Ouyahia reçoit l'envoyé spécial du président soudanais Omar El-Bachir     -     «Algérie, cinquante ans après : libérer l’Histoire»    -     Drogue / Lutte : Saisie de près de deux tonnes de kif traité à Chigueur dans la wilaya de Tlemcen.    -     Afrique / Sécurité : Ouverture à Alger des travaux du Comité international des services de sécurité en Afrique     -     «Algérie, cinquante ans après : libérer l’Histoire»    -     Accident de la route : Deux morts et sept blessés dans un accident de la route à Naama     -     Produits pharmaceutiques / Importation : Hausse de près de 40% des importations les 5 premiers mois 2012     -     Terrorisme / Procès : Procès jeudi de 12 terroristes dont Hassan Hattab, Saifi Amar et Droukdel     -     Justice / Procès : La Cour d'Appel d'Alger confirme la peine contre le DG de Sanofi-Aventis     -     Rencontre internationale «L’Algérie, 50 ans après : libérer l’Histoire»    -    

Les fontaines de La Casbah d’Alger

Source de vie et... d’espoir pour le renouveau de la vieille médina

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Par Algérie presse service
Voir l’eau couler des quelques rares fontaines encore en fonction dans les ruelles de La Casbah d’Alger avec leur décoration originelle propre à l’époque ottomane, quoique défraîchie par endroits, atteste que le cœur de l’ancienne médina ne s’est pas arrêté de battre faisant oublier un instant ce fait que les grands travaux de restauration de la cité tardent à démarrer.Six seulement des quelque deux cents fontaines datant du VXIe siècle ont résisté à l’usure du temps et continuent d’alimenter les gens en eau potable fraîche : Aïn Sidi Ramdane, Aïn M’zaouqua, Aïn Bir Djebah, Aïn Sidi M’hamed Chérif, Aïn Sidi Benali et Aïn Bir Chebana. Ces «sources de vie» d’antan, qui portent des noms calligraphiés sur de la céramique pour certaines, des carreaux de faïence d’origine ou encore des colonnes en marbre pour d’autres, coûlent en continu pour le plus grand bonheur des riverains comme des simples passants.Très appréciée comme durant des siècles, l’eau pure qui jaillit de ces fontaines sert toujours malgré le raccordement de toutes les demeures au réseau moderne d’alimentation en eau potable mais leur état de conservation mériterait peut-être plus d’attention, s’accorde-t-on à dire.Les six fontaines donnent, à première vue, l’apparence de petits monuments historiques bien conservés n’étaient les touffes de mousse qui les envahissent ici et là, les carreaux de faïence fissurés pour certaines ou carrément décollés par endroits pour d’autres. En plus, les robinets bon marché montés sur ces ouvrages séculaires cadrent mal avec l’esthétique de la décoration d’origine.Selon des natifs de La Casbah, c’est un peu le résultat de «l’indifférence» de la population en place composée majoritairement d’«indus occupants» des maisons encore debout.Servie gracieusement par la nature et destinée à de petits usages, l’eau des fontaines est outrageusement utilisée aussi pour divers nettoyages et autres grands travaux par simple branchement, peste Hadj Zoubir, pour qui, «au-delà de la restauration du bâti de La Casbah, le civisme de sa population est aussi à l’origine de pas mal de désagréments».
 
Fontaines disparues, souvenirs vivaces
L’historien Abderrahmane Khelifa, auteur de plusieurs livres sur des villes algériennes, rappelle que La Casbah d’Alger comptait à l’origine 175 fontaines intégrées dans un système hydraulique «très élaboré» et alimentées par quatre aqueducs. En plus, note-t-il, elles étaient «toutes bien décorées avec des inscriptions mentionnant la date de leur fondation». Selon lui, la remise en service et la restauration des quelques fontaines taries est «quelque chose de facile», car il s’agit d’édifices «non compliqués».A ce propos, l’architecte Nabila Chérif, qui a mené en 2008 une recherche sur les bains et les fontaines d’Alger de l’époque ottomane, affirme qu’il n’y a aucune difficulté technique à restaurer une fontaine même si cela nécessite un vrai travail d’artisan tout en jugeant utile d’identifier d’abord «très clairement» la valeur historique ainsi que la toponymie de chaque fontaine.Pour récupérer les fontaines disparues dont les emplacements se sont transformés pour la grande majorité, selon ses dires, en «dépotoirs», elle propose d’essayer d’imaginer des scénographies de manière à rappeler l’emplacement d’une fontaine disparue à partir du réseau d’alimentation en eau.S’abreuver d’eau fraîche à volonté, remplir chaque jour des jarres entières pour ravitailler la famille, rencontrer les amis et voisins autour d’une source d’eau naturelle, voilà les premiers souvenirs qui se bousculent dans l’esprit encore vif du vieux Abderrahmane Hammou lorsqu’il évoque la fontaine Aïn Bir Chebana, tout près de chez lui dans cette médina qui l’a vu naître en 1927. Quand il parle de cette fontaine encore en marche, c’est le savoir-vivre et la cohésion sociale dans laquelle baignaient les habitants du vieil Alger ainsi que la douce nonchalance des porteurs d’eau, appelés «Biskris», qui lui reviennent, car ces scènes reflètent pour lui des moments irremplaçables d’une vie modeste, paisible et sereine.Remplir de l’eau de cette fontaine faisait partie des tâches qu’il accomplissait avec plaisir à la sortie de l’école, sans bousculade ni longue queue, encore moins de chamailleries. «Tout allait de soi, à l’époque», résume-t-il avec nostalgie.
Entre utilité, efficacité, esthétique et nostalgie, les fontaines encore «vivantes» de La Casbah d’Alger interpellent les regards, font oublier, le temps d’une visite, l’état délabré dans lequel se trouve la plus grande partie de l’ancienne médina et redonnent l’espoir de revoir un jour ce site historique renaître de ses cendres.
APS