dimanche 6 juin 2021

 

Abderrahmane Khelifa au Bastion 23 : Ecrire et décrire l’histoire de la Qal’a des Beni Hammad

 
01 JUIN 2021 À 10 H 10 MIN
 

Abderrahmane Khelifa, qui n’est plus à présenter, est ce «fouilleur», un dateur au carbone 14, un chercheur de trésors historiques de l’Algérie, conseiller, consultant à la radio algérienne et, bien sûr, auteur.

C’est qu’il sillonne l’Algérie depuis plus de 40 ans, pour exhumer la vérité archéologique et révéler la vérité. Après avoir effectué des recherches, en profondeur, à Tébessa, Alger, Cherchell, Djemila, Tipasa, Sidi Okba (Biskra) Tlemcen (Honaïne), il s’est arrêté à Béjaïa, plus précisément à Qal’a des Beni Hammad.

Et il lui a consacré tout un beau-livre justement intitulé La Qal’a des Beni Hammad : Reine du Hodna, de l’Aurès et des Zibans paru aux éditions. Ainsi, Abderrahamne Khelifa a animé une conférence-débat au Bastion 23 devant une salle comble. Abderrahmane Khelifa parle comme un livre, il est pédagogique et didactique. Il a dispensé une belle et magistrale leçon de choses dont le titre était La Qal’a des Beni Hammad.

Des projets sur Cirta, Tlemcen et la capitale Tihert

«J’ai entrepris ce travail de recherche, un essai portant sur la profondeur historique de mon pays. Cela entre dans une série de projets, si Dieu me prête vie. Il s’agit d’ouvrages prochains sur Cirta, Tlemcen, Alger et bouclés par celui relatif à la capitale Tihert où on retrouve l’ensemble de l’histoire de l’Algérie. Je suis avide d’histoire. Je m’exige un livre sur l’histoire de l’Algérie dans sa globalité… Notre histoire vient de la profondeur de la préhistoire… Ce ne sont pas des ruptures. Quand il y a un occupant (en Algérie), on balaie tout. D’ailleurs, je vous parle (à travers cette communication) en français…

A quatre kilomètres au sud-ouest de Barika (Batna) se trouvent les ruines de l’ancienne ville romaine de Tubanae, Tobna. A Tobna en 850-880, on parlait afarik, grec, amazigh, arabe, perse… Cela veut dire que c’était une ère multilingue. Et puis, les musulmans n’étaient pas des Arabes… C’est l’histoire évolutive des populations. Elle est complexe…

La terre est un élément essentiel. L’homme cherchant à s’y rattacher, avoir des racines…On avait des rois berbères avant l’arrivée des Romains, des Phéniciens…». Commentant l’idée de ce livre La Qal’a des Beni Hammad : Reine du Hodna, de l’Aurès et des Ziban, Abderrahamane Khelifa, commentera : «Qal’a des Beni Hammad, c’est une ville qui a été à l’origine de ce pays. Notre histoire médiévale à El Achir, à Médéa.

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La ville-mère de ce pays qu’on appelle l’Algérie…Une cité au rayonnement historique…». El Achir est une ancienne ville d’Afrique du Nord, première capitale de la dynastie musulmane berbère des Zirides, sous suzeraineté Fatimide située à une altitude de 1280 m dans les monts du Titteri, dans l’actuelle commune algérienne de Kef Lakhdar (wilaya de Médéa). La ville est mentionnée par Ibn Khaldoun qui indique que le mont Tetri est le royaume des Zirides, dans lequel se trouvent les ruines d’Achir.

Des fouilles archéologiques ont permis de déterminer l’existence de deux sites zirides dans ce secteur. Dans une chronologie, l’historien et archéologue Abderrahmane Khelifa relatera la présence des Phéniciens, des Numides (leur terre), les Romains, les Vandales, les Byzantins, sur ce site, un triangle Berbère-Béjaïa, Sétif, Jijel-de Abou Yazid Sahib El Himar (l’homme à l’âne), un théologien, des Fatimides en 973 (qui baptisèrent Misr, El Kahira, Le Caire), le discours apocryphe de Tarek Ibn Ziad…

A propos de l’arrivée de musulmans, l’historien rappellera : «Ils (les musulmans) devaient briser les structures des royaumes berbères s’opposant à leur arrivée. Il aura fallu 75 ans pour que l’Islam s’impose en cette terre. Il y eut une farouche opposition… Koceila s’est battu pour ses terres et non pour la religion… La Kahina n’était pas juive mais une païenne. Sur son cheval, elle avait une idole en bois… Nous n’écrivons pas notre propre histoire…Il ne fallait pas qu’une femme dirige une armée, Dihia, la Kahina…

Il y a énormément de preuves de notre histoire…». Décrivant la Qal’a des Beni Hammda, Abderrahmane Khelifa, décrira sa «géolocalisation» : «C’est une région actuellement désertique, le minaret menace de céder… Mais anciennement, c’était une zone boisée. Il y avait une église, une synagogue, un minaret… Cette Qal’a des Beni Hammad influencera les Maghrébins. Il y avait un bassin, un plan d’eau à 1180 m d’altitude. Il y avait des bains, des rizières, on pratiquait l’oléiculture, un savoir-faire, une technique aquatique d’irrigation…

Donc, le palmier n’était pas la première richesse mais l’olivier…La Cour des Lions du palais de l’Alhambra à Grenade (Espagne), l’origine, le modèle provient de la Qal’a des Beni Hammad… Donc, on fait de l’histoire pour comprendre…Mais on fait du sur-place.

On redouble. C’est pour cela qu’il faut apprendre, lire l’histoire…».

La Qal’a des Beni Hammad : Reine du Hodna, de l’Aurès et des Ziban paru aux éditions ANEP

 Les Èditions Anep annoncent trois nouvelles publications Les Èditions "Anep" ont annoncÈ jeudi la publication de trois nouveaux ouvrages, dÈj‡ disponibles en librairie, dÈdiÈs ‡ l'histoire, la politique et l'actualitÈ de la pandÈmie du coronavirus. L'Èditeur annonce la publication de "La Qal'a des BÈni Hammad, reine du Hodna de l'AurËs et des Ziban", de l'archÈologue et historien Abderrahmane Khelifa, dÈdiÈ ‡ cette ville forteresse et capitale des Hammadites fondÈe en 1007 et qui figure sur la liste reprÈsentative du patrimoine mondial de l'humanitÈ de l'Unesco depuis 1980. Historien et archÈologue, Abderrahmane Khelifa a signÈ de nombreux ouvrages sur le patrimoine culturel algÈrien dont "HonaÔne: ancien port du royaume de Tlemcen", "Alger la bien gardÈe", "Alger, histoire et patrimoine" ou encore "Bajaia, capitale des lumiËres". Autre publication disponible en librairie, "Face ‡ la pandÈmie, l'humanitÈ au dÈfi", dernier essai de l'universitaire Mustapha Cherif qui aide ‡ "penser un prÈsent confus et un avenir imprÈvisible" au moment o˘ l'humanitÈ traverse un choc violent caudÈ par la pandÈmie et est mise au dÈfi d'Ítre rÈsiliente et de changer de comportement. Professeur de philosophie et artisan du dialogue des civilisations, Mustapha Cherif est laurÈat du Prix de l'Unesco du dialogue des cultures et auteur de "Le principe du juste milieu", "L"Emir Abdelkader apÙtre de la fraternitÈ", ou encore "Le Coran et notre temps". Dans le registre de la politique internationale, les Èdition Anep proposent "Sur le toit du monde, chroniques amÈricaines" du diplomate et universitaire Amine Kherbi qui retrace l'histoire du nouvel exceptionnalisme amÈricain et dresse le portrait d'une AmÈrique conservatrice et diffÈrente des autres natio

 

Abderrahmane Khelifa

On dit généralement que le lieu de naissance influence l'écrivain. Qu'en pensez-vous ?

Sûrement, il y a un cordon ombilical qui nous relie à la terre natale, au terroir. Mais il faut prendre au sens large ce lieu de naissance surtout quand on est archéologue et historien. En effet toute ma vie professionnelle a eu pour théâtre le pays. J'ai fouillé à Tébessa, Alger, Cherchell, Djemila, Tipasa, Sidi Okba-Biskra, Qal'a des Béni Hammad, Agadir- Tlemcen, Honaïne. Cela crée des liens. En outre, quand on lit les ouvrages d'histoire, on est attaché à son pays plus qu'à son village. Cela étant, je suis content que mon village natal, Tamda, dans le Haut Sebaou (wilaya de Tizi Ouzou) soit une station préhistorique.

Qu'est ce qui vous a poussé à écrire et par qui avez-vous été influencé ?

J'ai passé plus de quarante ans à parcourir le pays pour les problèmes de patrimoine (archéologie, musée, monuments et sites historiques). J'ai d'abord rédigé ma thèse de doctorat qui est un bon exercice de rigueur et de rédaction, fruit de longues années de recherches et de fouilles archéologique. Aussi, acquiert- on une certaine expérience et une connaissance non négligeable. Je me suis dit qu'il serait dommage de ne pas transmettre mon savoir, que je dispensais en cours à l'EPAU et à l'Ecole supérieure des Beaux-arts à un plus large public. Au cours de ma carrière, j'ai publié des articles dans des publications spécialisées, donc il me fallait écrire à la fois pour un large public tout en gardant une information fiable.

Dans vos différentes lectures quels sont les ouvrages qui vous ont le plus influencé ?

Tous les livres d'histoire relatifs au Maghreb. Particulièrement, Abderrahmane Ibn Khaldun qui est un ouvrage monumental mais qui est un outil de première main pour la connaissance de notre pays. Cela étant je suis attiré par les romans historiques et je ne désespère pas un jour d'en écrire un. J'ai un certain nombre d'idées que je compte bien exploiter un jour. Pour le moment, j'écris une histoire des villes.

Les livres parus jusqu'ici en Algérie reflètent-ils les différentes séquences de notre histoire ?

Je ne porte pas de jugement sur les différents livres car nous avons un déficit en matière de production livresque et ce déficit est ressenti dans tous les pays musulmans. Et surtout dans le domaine de l'Histoire. Donc il faut écrire. Le lectorat fera son choix.

 

Algérie: Parution de "La Qal'a des Béni Hammad" de Abderrahmane Khelifa

Alger — Dans son dernier ouvrage "La qal'a des Béni Hammad, reine du Hodna, de l'Aurès et des Ziban", l'historien et archéologue Abderrahmane Khelifa revient sur l'histoire des Hammadite et met en avant les vestiges historiques et archéologiques de la région du Hodna, des Aurès et des Ziban, à différentes périodes.

Ce beau-livre publié récemment aux édition Anep, aborde en 246 pages l'un des "centres de gravité historique" de l'Algérie et met en avant le degrés de civilisation d'un territoire où ont été posé les fondements du Maghreb central.

Avec de nombreuses photos de découvertes archéologiques en appuie, Abderrahmane Khelifa reconstitue l'évolution des religions et croyances dans cette région et les itinéraires commerciaux.

L'ouvrage offre également une vue d'ensemble des différentes villes ayant prospéré dans la région à l'instar de Achir, Mila, (antique Milev), Souk Ahras (antique Thagaste), Djemila (Cuicul), Msila, Khenchela, N'gaous, Magra ou encore Tobna avec des focus particuliers et très détaillés sur la Qla'a des Béni Hammad et la ville de Tébessa.

L'auteur relève cependant que ce site n'a toujours pas révélé tous ses secrets, un travail énorme reste à faire, malgré les fouilles entreprises, pour mieux appréhender l'histoire du Maghreb central dans des villages comme Tobna, Baghaï, ou encore Tehouda.

Titulaire d'un doctorat en histoire et archéologie, Abderrahmane Khelifa a effectué de nombreuses fouilles dans des sites comme Honaïne, Tlemcen, Sidi Okba, ou encore la Qal'a des Bèni Hammad. il a également occupé de nombreuses fonctions dans les différentes structures du patrimoine au ministère de la Culture en plus d'avoir enseigné à l'université.

Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont sur le patrimoine culturel algérien dont "Honaïne: ancien port du royaume de Tlemcen", "Alger la bien gardée", "Alger, histoire et patrimoine" ou encore "Bajaia, capitale des lumières".

 

Edition, La Qal’a des Béni Hammad, de Abderrahmane Khelifa : les fondements du Maghreb central

Dans son dernier ouvrage La qal'a des Béni Hammad, reine du Hodna, de l'Aurès et des Ziban, l'historien et archéologue Abderrahmane Khelifa revient sur l'histoire des Hammadite et met en avant les vestiges historiques et archéologiques de la région du Hodna, des Aurès et des Ziban, à différentes périodes.
Ce beau-livre, publié récemment aux édition Anep, aborde en 246 pages l'un des «centres de gravité historique» de l'Algérie et met en avant le degrés de civilisation d'un territoire où ont été posé les fondements du Maghreb central.
L'ouvrage revient sur l'histoire et la géographie de ce territoire et de la Qal'a des Bèni Hammad, classée au patrimoine mondial de l'Unesco en 1980, et sur les différentes périodes d'occupation, particulièrement sur la période Hammadite depuis Hammad Ibn Bologguine Ibn Ziri, fondateur de la Qal'a en 1007, jusqu'à la résistance à l'occupation française, en passant par la période ottomane.
Avec de nombreuses photos de découvertes archéologiques en appui, Abderrahmane Khelifa reconstitue l'évolution des religions et croyances dans cette région et les itinéraires commerciaux.
L'ouvrage offre également une vue d'ensemble des différentes villes ayant prospéré dans la région à l'instar de Achir, Mila, (antique Milev), Souk Ahras (antique Thagaste), Djemila (Cuicul), Msila, Khenchela, N'gaous, Magra ou encore Tobna avec des focus particuliers et très détaillés sur la Qla'a des Béni Hammad et la ville de Tébessa. En abordant la Qla'a des Béni Hammad, l'auteur revient sur l'histoire des lieux, sur les différentes occupations, sur les résultats des fouilles archéologiques et propose une reconstitution des conditions de vie de l'époque en montrant la production artisanale, les différentes monnaies, le plan de la ville et les voies commerciales. 
L'auteur relève cependant que ce site n'a toujours pas révélé tous ses secrets, un travail énorme reste à faire, malgré les fouilles entreprises, pour mieux appréhender l'histoire du Maghreb central dans des villages comme Tobna, Baghaï, ou encore Tehouda.
Titulaire d'un doctorat en histoire et archéologie, Abderrahmane Khelifa a effectué de nombreuses fouilles dans des sites comme Honaïne, Tlemcen, Sidi Okba, ou encore la Qal'a des Bèni Hammad. Il a également occupé de nombreuses fonctions dans les différentes structures du patrimoine au ministère de la Culture en plus d'avoir enseigné à l'université.

mercredi 2 juin 2021

 

Abderrahmane Khelifa au Bastion 23 : Ecrire et décrire l’histoire de la Qal’a des Beni Hammad

 
01 JUIN 2021 À 10 H 10 MIN
 

Abderrahmane Khelifa, qui n’est plus à présenter, est ce «fouilleur», un dateur au carbone 14, un chercheur de trésors historiques de l’Algérie, conseiller, consultant à la radio algérienne et, bien sûr, auteur.

C’est qu’il sillonne l’Algérie depuis plus de 40 ans, pour exhumer la vérité archéologique et révéler la vérité. Après avoir effectué des recherches, en profondeur, à Tébessa, Alger, Cherchell, Djemila, Tipasa, Sidi Okba (Biskra) Tlemcen (Honaïne), il s’est arrêté à Béjaïa, plus précisément à Qal’a des Beni Hammad.

Et il lui a consacré tout un beau-livre justement intitulé La Qal’a des Beni Hammad : Reine du Hodna, de l’Aurès et des Zibans paru aux éditions. Ainsi, Abderrahamne Khelifa a animé une conférence-débat au Bastion 23 devant une salle comble. Abderrahmane Khelifa parle comme un livre, il est pédagogique et didactique. Il a dispensé une belle et magistrale leçon de choses dont le titre était La Qal’a des Beni Hammad.

Des projets sur Cirta, Tlemcen et la capitale Tihert

«J’ai entrepris ce travail de recherche, un essai portant sur la profondeur historique de mon pays. Cela entre dans une série de projets, si Dieu me prête vie. Il s’agit d’ouvrages prochains sur Cirta, Tlemcen, Alger et bouclés par celui relatif à la capitale Tihert où on retrouve l’ensemble de l’histoire de l’Algérie. Je suis avide d’histoire. Je m’exige un livre sur l’histoire de l’Algérie dans sa globalité… Notre histoire vient de la profondeur de la préhistoire… Ce ne sont pas des ruptures. Quand il y a un occupant (en Algérie), on balaie tout. D’ailleurs, je vous parle (à travers cette communication) en français…

A quatre kilomètres au sud-ouest de Barika (Batna) se trouvent les ruines de l’ancienne ville romaine de Tubanae, Tobna. A Tobna en 850-880, on parlait afarik, grec, amazigh, arabe, perse… Cela veut dire que c’était une ère multilingue. Et puis, les musulmans n’étaient pas des Arabes… C’est l’histoire évolutive des populations. Elle est complexe…

La terre est un élément essentiel. L’homme cherchant à s’y rattacher, avoir des racines…On avait des rois berbères avant l’arrivée des Romains, des Phéniciens…». Commentant l’idée de ce livre La Qal’a des Beni Hammad : Reine du Hodna, de l’Aurès et des Ziban, Abderrahamane Khelifa, commentera : «Qal’a des Beni Hammad, c’est une ville qui a été à l’origine de ce pays. Notre histoire médiévale à El Achir, à Médéa.

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La ville-mère de ce pays qu’on appelle l’Algérie…Une cité au rayonnement historique…». El Achir est une ancienne ville d’Afrique du Nord, première capitale de la dynastie musulmane berbère des Zirides, sous suzeraineté Fatimide située à une altitude de 1280 m dans les monts du Titteri, dans l’actuelle commune algérienne de Kef Lakhdar (wilaya de Médéa). La ville est mentionnée par Ibn Khaldoun qui indique que le mont Tetri est le royaume des Zirides, dans lequel se trouvent les ruines d’Achir.

Des fouilles archéologiques ont permis de déterminer l’existence de deux sites zirides dans ce secteur. Dans une chronologie, l’historien et archéologue Abderrahmane Khelifa relatera la présence des Phéniciens, des Numides (leur terre), les Romains, les Vandales, les Byzantins, sur ce site, un triangle Berbère-Béjaïa, Sétif, Jijel-de Abou Yazid Sahib El Himar (l’homme à l’âne), un théologien, des Fatimides en 973 (qui baptisèrent Misr, El Kahira, Le Caire), le discours apocryphe de Tarek Ibn Ziad…

A propos de l’arrivée de musulmans, l’historien rappellera : «Ils (les musulmans) devaient briser les structures des royaumes berbères s’opposant à leur arrivée. Il aura fallu 75 ans pour que l’Islam s’impose en cette terre. Il y eut une farouche opposition… Koceila s’est battu pour ses terres et non pour la religion… La Kahina n’était pas juive mais une païenne. Sur son cheval, elle avait une idole en bois… Nous n’écrivons pas notre propre histoire…Il ne fallait pas qu’une femme dirige une armée, Dihia, la Kahina…

Il y a énormément de preuves de notre histoire…». Décrivant la Qal’a des Beni Hammda, Abderrahmane Khelifa, décrira sa «géolocalisation» : «C’est une région actuellement désertique, le minaret menace de céder… Mais anciennement, c’était une zone boisée. Il y avait une église, une synagogue, un minaret… Cette Qal’a des Beni Hammad influencera les Maghrébins. Il y avait un bassin, un plan d’eau à 1180 m d’altitude. Il y avait des bains, des rizières, on pratiquait l’oléiculture, un savoir-faire, une technique aquatique d’irrigation…

Donc, le palmier n’était pas la première richesse mais l’olivier…La Cour des Lions du palais de l’Alhambra à Grenade (Espagne), l’origine, le modèle provient de la Qal’a des Beni Hammad… Donc, on fait de l’histoire pour comprendre…Mais on fait du sur-place.

On redouble. C’est pour cela qu’il faut apprendre, lire l’histoire…».

La Qal’a des Beni Hammad : Reine du Hodna, de l’Aurès et des Ziban paru aux éditions ANEP

mardi 1 juin 2021

 

Abderrahmane Khelifa

 Publié Le : Lundi, 31 Mai 2021 13:18    Lu : 17 fois
Parution de "La Qal'a des Béni Hammad" de Abderrahmane Khelifa

ALGER - Dans son dernier ouvrage "La qal'a des Béni Hammad, reine du Hodna, de l'Aurès et des Ziban", l'historien et archéologue Abderrahmane Khelifa revient sur l'histoire des Hammadite et met en avant les vestiges historiques et archéologiques de la région du Hodna, des Aurès et des Ziban, à différentes périodes.

Ce beau-livre publié récemment aux édition Anep, aborde en 246 pages l'un des "centres de gravité historique" de l'Algérie et met en avant le degrés de civilisation d'un territoire où ont été posé les fondements du Maghreb central.

L'ouvrage revient sur l'histoire et la géographie de ce territoire et de la Qal'a des Bèni Hammad, classée au patrimoine mondial de l'Unesco en 1980, et sur les différentes périodes d'occupation, particulièrement sur la période Hammadite depuis Hammad Ibn Bologguine Ibn Ziri, fondateur de la Qal'a en 1007, jusqu'à la résistance à l'occupation française, en passant par la période ottomane.

Avec de nombreuses photos de découvertes archéologiques en appuie, Abderrahmane Khelifa reconstitue l'évolution des religions et croyances dans cette région et les itinéraires commerciaux.

L'ouvrage offre également une vue d'ensemble des différentes villes ayant prospéré dans la région à l'instar de Achir, Mila, (antique Milev), Souk Ahras (antique Thagaste), Djemila (Cuicul), Msila, Khenchela, N'gaous, Magra ou encore Tobna avec des focus particuliers et très détaillés sur la Qla'a des Béni Hammad et la ville de Tébessa.

En abordant la Qla'a des Béni Hammad, l'auteur revient sur l'histoire des lieux, sur les différentes occupations, sur les résultats des fouilles archéologiques et propose une reconstitution des conditions de vie de l'époque en montrant la production artisanal, les différentes monnaies, le plan de la ville et les voies commerciales. 

L'auteur relève cependant que ce site n'a toujours pas révélé tous ses secrets, un travail énorme reste à faire, malgré les fouilles entreprises, pour mieux appréhender l'histoire du Maghreb central dans des villages comme Tobna, Baghaï, ou encore Tehouda.

Titulaire d'un doctorat en histoire et archéologie, Abderrahmane Khelifa a effectué de nombreuses fouilles dans des sites comme Honaïne, Tlemcen, Sidi Okba, ou encore la Qal'a des Bèni Hammad. il a également occupé de nombreuses fonctions dans les différentes structures du patrimoine au ministère de la Culture en plus d'avoir enseigné à l'université.

Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont sur le patrimoine culturel algérien dont "Honaïne: ancien port du royaume de Tlemcen", "Alger la bien gardée", "Alger, histoire et patrimoine" ou encore "Bajaia, capitale des lumières".