Aux deux accès du stand de l’Anep «Agence nationale d’Edition et de Publicité», des enfants ne cessent de s’y agglutiner. Ils font des commentaires et posent des questions. Ils sont face à deux écrans où un jeu de culture générale leur est proposé en boucle. Il faut répondre à des questions ayant principalement trait à la glorieuse guerre d’indépendance. Trois réponses leur sont proposées et il faut en choisir une. Parmi les questions, il est demandé aux enfants de donner la dénomination de l’Armée de Libération nationale qui a mené la lutte pour l’indépendance ainsi que la durée de la guerre d’indépendance. Quand un enfant trouve les cinq réponses justes, on lui offre de petits cadeaux. Cette initiative a permis au stand de l’Anep de vivre des moments d’intense gaité et de convivialité. Comme chaque année, le stand de l’Anep est l’un de ceux qui reçoit le plus de visiteurs. En plus de la qualité des livres qui y sont exposés, il faut dire que les prix de l’Anep sont vraiment imbattables. Les 30% de réduction sur l’ensemble des anciens ouvrages sont appliquées dès le premier jour au grand bonheur des lecteurs de tous les genres littéraires. Un quinquagénaire rencontré à l’intérieur du stand de l’Anep, nous dit qu’il vient d’acheter trois livres à seulement 450 le tout. Et quels livres ! Portrait du colonisé d’Albert Memmi, Décoloniser l’histoire de Mohamed-Chérif Sahli ainsi que le très poignant La question» de Henri Alleg. «Je cherche ces trois livres depuis très longtemps et quelle ne fut ma surprise en les découvrant ici avec une belle édition en grand format et à des prix à peine symbolique», nous dit-il tout satisfait. Comme lui, de nombreux autres férus d’Histoire ont pu acquérir un ou plusieurs livres de référence dans ce domaine et qui sont exposés dans le même stand. Avec 800 titres exposés à la vente, le stand de l’Anep offre un large éventail de choix. Une bonne partie des romans de Rachid Boudjedra en édition de poche sont proposés en deux versions française et arabe. Tout comme les romans du célèbre écrivain libanais Amine Maalouf traduits vers l’arabe et édité par l’Anep. En ce mardi 4 novembre, ledit stand a reçu le ministre de la Communication, Zoheir Bouamama et le conseiller auprès du président de la République, chargé de la Direction générale de la communication, . Kamel Sidi Said. Ces responsables ont été reçus par le président- directeur général de l’Anep, Messaoud Alghem. Les responsables ont pu découvrir, en plus d’un catalogue des plus attrayants, un personnel hautement et qualifié et dévoué qui assure au quotidien l’animation du stand qui ne désemplit pas du matin au soir. Il faut rappeler que les ouvrages de l’Anep se déclinent dans les trois langues amazighe, arabe et française. On y trouve des romans, des essais, des recueils de poésie, des livres pour enfants, de beaux livres, etc. Parmi les nouveautés 2025 du Sila, l’Anep met en vente le beau livre intitulé Mosquées et sanctuaires d’Algérie de l’archéologue et historien Abderrahmane Khelifa et Ma main est poignée de valise» qui est un recueil de poésie de l’enseignante à l’université, Alima Abdhat. L’âme de Novembre dans nos page est le slogan choisi par l’Anep pour sa participation au Sila de cette anée, une participation qui s’inscrit dans le cadre de la célébration du 71ème anniversaire du déclenchement de la glorieuse Révolution de Novembre 1954.

L'objectif de la rencontre littéraire, dixit l'archéologue et historien Abderrahmane Khelifa, est de montrer la «profondeur de l'histoire de l'Algérie depuis 2.000 ans et même depuis 400.000 ans, avec la découverte archéologique d’Aïn Boucherit».
Toutes les séquences historiques de notre pays depuis la fondation de Carthage -814 av. J.-C. sont passées au crible par le spécialiste. De la préhistoire à l’Algérie moderne, les invités de la conférence ont voyagé dans le temps grâce à la faconde de l’archéologue qui a retracé les épopées algériennes. Ce voyage dans le passé a permis la redécouverte des civilisations qui se sont succédé. Sur le plan historique, affirme Khelifa, les «centres de gravité» furent nombreux. Cirta, d’abord, qui était la capitale de Massinissa mais d’autres villes comme Tlemcen, Tihert, Achir, Béjaïa, Alger ont été, tour à tour, des points d’ancrage de dynasties et de civilisations. «C’est cette pluralité et ce patrimoine accumulé qui a fait l’Algérie dans toute sa diversité», a-t-il souligné. Abderrahmane Khelifa rappelle que l'histoire de l'Algérie s'insère dans une «histoire plus large», celle du Maghreb qui remonte à des millénaires. «Dans l'Antiquité, le territoire algérien connaît la formation de royaumes numides avant de passer sous la domination partielle des Romains en 429 a.p. J.-C., la venue des Vandales d'Espagne qui sont restés près d'un siècle et qui ont été chassés par les Byzantins à partir de 533 jusqu'à 647, date de la venue des musulmans avec Abdellah Ben Saad qui arrive en 647. Les musulmans s'installent en Afrique du Nord pour une très longue durée.» Dans le même sillage, l'historien explique que «durant toutes ces périodes, l’Etat algérien s'est constitué avec ses rois, ses administrations, ses impôts, etc». «Cela nous amène à la période ottomane où les Algériens font appels aux Ottomans qui se sont installés de 1518 jusqu'à 1830, voire jusqu’à 1837, date de l'occupation de Constantine par les Français», rappelle l’historien qui ajoute que «lorsque les Français sont arrivés, ils participeront à la même entreprise que les autres colonisateurs : spoliation et confiscation des terres des paysans, impôts, déportation des tribus… ». Jusqu’à l’indépendance arrachée au prix du sacrifice et du sang.
Sihem Oubraham







